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22 mars 2013

Mali : le Tchad appelle "à ne pas crier victoire trop vite"


Le Tchad, principal soutien militaire de la France au Mali, a appelé jeudi à ne pas crier victoire trop vite dans la guerre contre les islamistes qui avaient pris le contrôle du nord du pays. «L’opération conjointe armée tchadienne-armée française a fait un travail important dans les Ifoghas, a-t-il souligné. Elle est en train de faire du ratissage sur le terrain. Je crois que plus de 70% du travail est fait mais il ne faut pas aller trop vite en besogne parce que nous avons un adversaire particulier sur un théâtre particulier», a dit le ministre tchadien des Affaires étrangères et de l’intégration africaine de la République du Tchad, Moussa Faki Mahamat, à l'issu d'une séance de travail au Quai d'Orsay, avec Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères.  «Il faut être prudent et je pense qu'on a besoin d'un travail sur l'ensemble du Mali, en particulier dans la zone de Tombouctou», a-t-il ajouté.
Un attentat suicide à la voiture piégée avait, en effet, coûté la vie à un soldat malien dans la nuit sur l'aéroport de Tombouctou. Les échanges de tir qui ont suivi ont fait une dizaine de morts parmi les combattants islamistes.  
© Ministère des AEF/Julien Faure
Moussa Faki, ministre des Affaires étrangères et de l'intégration africaine de
la République du Tchad a été reçu par Laurent Fabius, ministre des Affaires
étrangères au Quai d'Orsay, le 21 mars 2013. © Ministère des AEF/Julien Faure
Moussa Faki a affirmé que le Tchad n'avait rien réclamé en échange de son engagement. «On n'a pas besoin d'être convaincu, on est un ami du Mali, a-t-il dit. La menace sur le Mali est une menace sur le Tchad. On n'a pas besoin d'être payé pour ça.» Le président tchadien Idriss Deby Itno a déclaré, il y a quelques jours : «La menace des jihadistes existe ici au Tchad. Elle existait avant qu'on envoie nos forces au Mali. Ce qui se passe au Mali n'est pas loin, c'est dans le Sahel". 


Le retrait des troupes françaises débutera fin avril
Le Tchad, partenaire essentiel de la France en Afrique centrale, apporte un appui militaire déterminant à l’opération Serval au Mali. Il a envoyé 2.400 soldats sur le terrain. Ces spécialistes du désert sont en pointe dans les combats pour déloger les islamistes, notamment dans la zone du massif des Ifoghas. Trente soldats tchadiens ont été tués dans les engagements au Nord-Mali.

La France, qui a engagé 4.000 Français dans l'opération Serval, en cours depuis le 11 janvier, devrait commencer à se retirer prochainement du théâtre d'opérations. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a en effet déclaré mercredi que le retrait des troupes françaises du Mali débuterait «à partir de la fin du mois d'avril».

Selon le Quai d'Orsay, «l’entretien a permis d’évoquer les perspectives de sortie de crise», notamment la mise en place d’une opération de maintien de la paix des Nations unies.» Au programme également de cette réunion de travail, la crise en République centrafricaine, où la Communauté économique des États de l’Afrique centrale - que préside actuellement le Tchad - déploie d’importants efforts politiques et militaires en vue d’un règlement pacifique.

Les deux ministres se sont enfin entretenus des enjeux de sécurité régionaux au Sahel et  de la menace terroriste.

Lire aussi :

01 mars 2013

Mali, une guerre sans image ?


Il y a quelques jours, Le Monde à court d'informations se plaignait de la guerre invisible de Kidal. Le Nouvel Observateur, dans un de ses blogs, le Yéti, étalait de son côté un scepticisme froid à l'égard des communiqués de la coalition franco-africaine égrenant le nombre des morts djihadistes déclarés : "Mais qui les a vus tous ces cadavres ? Où sont-ils diable passés ?" Et d'enchaîner : "Une centaine de tués à Konna, au début du conflit... 65 à Gao, contre 23 Tchadiens. Problème : qui évacue ces centaines de morts djihadistes et les centaines de blessés qui vont avec ?..."

Première réponse : on n'évacue pas les morts ennemis, on les enterre. Les blessés sont en général pris en charge par leurs camarades et se rendent rarement. Deuxième commentaire:au Vietnam, les Américains pratiquaient un exercice journalier, le "body count" en alignant au sol sur trois rangées comme des perdreaux après une chasse présidentielle les corps des "vici" abattus en zone opérationnelle. Suivait souvent un défilé de prisonniers entravés, le tout livré aux photographes venus du monde entier.

Ni l'armée française ni les Tchadiens n'apprécient ces parades funèbres médiatiques ou l'exhibition de soldats ficelés en état de captivité "interdite par la convention de Genève". Les deux forces ne se livrent pas à une guerre télévisée. Face à des adversaires cruels, rusés et fanatiques, elles doivent pour être efficaces assurer une protection absolue du secret de leurs déplacements. Reconnaître un terrain chaotique dont la mesure des difficultés conditionne la manœuvre et la surprise.

Notre donneur de leçons, privé d'informations, l'esprit envahit par le doute, s'exclame:"C'est toujours comme ça quand aucun journaliste qui se respecte (je veux dire celui qui valide les sources des informations qu'il transmet) n'est pas admis sur le théâtre des opérations." Ce prêcheur impudent va jusqu'à traiter les journalistes suiveurs de "rouletabilles cantonnés en salon".

En Afrique, on cite quelquefois ce proverbe bantou qui vous irait très bien, cher monsieur : "L'impudence est grosse comme le derrière de l'éléphant."

A propos d'informations, une nouvelle de taille devrait largement suffire à calmer l'impatience du cher monsieur : "Abou Zeid, le cerveau d'Aqmi et le poing de fer djihadiste au Sahel, est mort, tué dans les combats du massif montagneux de Tigharghar au Nord du Mali, par les forces tchadiennes.
P.Dt pour 24heuresinfo

16 février 2013

Sommet extraordinaire de la CEN-SAD à N’Djamena


Six Chefs d’Etat africains participaient vendredi après-midi à un sommet extraordinaire des Chefs d’Etat de la Communauté sahélo-saharien (CEN-SAD) au Tchad dont les travaux débutaient ce samedi à N’Djamena. Les Présidents du Mali Dioncounda Traoré, du Soudan Oumar Hassan El-Béchir, du Sénégal Macky Sall, du Niger Mohamadou Issoufou, du Bénin Thomas Boni Yayi et de la République islamique de Mauritanie Mohamed Ould Abdel-Aziz ont été accueillis personnellement à l’aéroport international Hassan Djamous de N’Djaména avec les honneurs dus à leurs rangs par leur homologue tchadien, le Président Idriss Deby Itno.
Participent également au sommet de la CEN-SAD dans la capitale tchadienne les Présidents François Bozizé de la République centrafricaine ; Ismaël Oumar Guélé de Djibouti ; Blaise Compaoré du Burkina-Faso ; Alassane Dramane Ouattara de Côte d’Ivoire ; Faure Eyadema du Togo. Le Nigeria est représenté par son Vice-président ; les Comores également par son Vice-président. La République Arabe d’Egypte et la Libye nouvelle par leur Premier ministre. Le sommet de la CEN-SAD de N’Djamena est celui de la refondation des textes de l’Organisation sahélo-saharienne.

Créée en 1998 à l’initiative de Mouammar Kadhafi, la CEN-SAD était en sommeil depuis la mort du leader libyen. Les chefs d'Etat venus à N'Djamena devraient adopter un nouveau texte fondateur de la communauté. Il comporterait la création d’un conseil permanent de paix et la sécurité, ce qui permettrait aux pays du Sahel et du Sahara de s'exprimer d'une seule voix envers l'Union africaine, face aux conflits du Sahel et du Sahara. Un conseil permanent pour le développement durable serait également constitué avec comme objectif le recul du désert par la création d'une muraille verte et la sauvegarde du lac Tchad qui se rétrécie comme une peau de chagrin alors qu'il fait vivre plus de 30 millions de personnes. Bref, des objectifs clairs de développement durable.
Le Tchad a démenti ces jours derniers l'infiltration de 500 membres de la secte islamiste Boko Haram, annoncée un peu vite par l'hebdomadaire Jeune Afrique. Deux mille soldats tchadiens, des troupes d'élite formées à la guerre sahélienne, participent actuellement aux côtés des troupes françaises et de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à la reconquête du nord Mali.

16 janvier 2013

MALI : le retour des TGV du désert

2.000 soldats tchadiens ont rejoint le Mali. Ces unités conçues et entraînées pour le combat dans les grands espaces sahéliens constituent un apport de qualité pour les forces françaises déployées au sol.
"Le Tchad ne (...) peut se soustraire à son obligation de solidarité vis-à-vis du peuple malien", a souligné aujourd'hui le Président de la République du Tchad, Idriss Déby Itno devant l'Assemblée nationale tchadienne. "C’est la raison pour laquelle j’ai donné l’accord du Tchad à la demande des autorités françaises pour que la mission Epervier puisse être mobilisée au profit de l’opération Serval à partir de notre territoire. En outre, nous avons pris la décision de déployer sur le sol malien un contingent de l’Armée Nationale Tchadienne pour soutenir les efforts de la communauté internationale en vue de la restauration de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République du Mali."
"Nous sommes de cœur avec le peuple malien", avait déclaré hier le chef de l'Etat en marge de la pose de la première pierre de construction d'un Centre de conférences international à N'Djamena. "Nous suivons la situation de très près, au jour le jour".