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20 mars 2013

Mali : accrochages à Gao


L'état-major des armées a indiqué mardi qu'une quinzaine de combattants islamistes ont été tués depuis jeudi dernier lors d'accrochages avec les soldats français au nord du Mali. Ces militaires ont notamment été harcelés par les djihadistes dans la zone de Djebok, à une trentaine de km à l'est de Gao. «Pris à partie sporadiquement par des tirs à courte et moyenne portée», ils ont «neutralisé une quinzaine de terroristes et huit pick-up» avec l'appui de moyens aéroterrestres.

Selon la même source, plusieurs engins explosifs (IED) ont été neutralisés lors de l'opération et «une quantité importante» d'armes et de munitions a été saisie. Dans la nuit de dimanche à lundi, quatre tubes de lancement de roquettes de 122 mm ont également été détruits dans cette zone.

10 mars 2013

Mali : le Tchad rejoint la Misma

Les 2000 soldats tchadiens ont rejoint la Mission Internationale d'Appui au Mali (Misma). L'annonce a été faite, samedi, après la réunion du comité des chefs d'état-major des pays de la Cédéao sur la crise malienne, par le chef d'état-major ivoirien, le général Soumaïla Bakayoko, la Côte d'Ivoire présidant actuellement la Cédéao. Le second poste de commandement adjoint de la Misma devrait être confié à un général tchadien.

En visite au Tchad, l'ancien Président burundais Pierre Buyoya, représentant spécial* de la commission de l’Union Africaine et commandant en chef de la Mission internationale d’appui au Mali (MISMA), a tenu à rendre un hommage particulier samedi aux soldats tchadiens morts pour la libération du nord Mali, au cimetière militaire de Farcha, à N'Djaména. Il était accompagné du ministre des Affaires étrangères et de l’intégration africaine Moussa Faki Mahamat et du chef d'Etat major particulier à la Présidence de la République, le général de division Adoum Guélémine Gabgalia. Le commandant en chef de la MISMA s’est ensuite rendu à Hôpital militaire d’instruction de N’Djaména pour visiter les malades évacués du Mali placés sous traitement médical.

Pierre Buyoya avait été reçu longuement la veille par le président de la République du Tchad Idriss Deby République entouré de ses proches collaborateurs. Au programme : la crise malienne à la lumière des décisions prises lors du dernier conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine tenu cette semaine à Addis-Abeba.


«Le Tchad est le plus gros contributeur des troupes à la MISMA, mais force est de constater qu’il n’est représenté nulle part à l’état-major de la Cédéao. Pourquoi cette injustice ? Pierre Buyoya a déclaré que cette injustice serait réparée», a affirmé, à l'issue de cette réunion, le service de communication de la Présidence du Tchad.

Le Tchad compte 28 soldats tués au Mali. La MISMA indemnisera-t-elle leurs familles ? Le représentant spécial de la Commission de l’Union Africaine au Mali et chef de la Mission Internationale d'Appui au Mali (MISMA) a répondu par l’affirmative.
Cérémonie en hommage aux soldats tchadiens.

Quel sera l’avenir des forces africaines ? Plus d’un millier de soldats africains sont encore attendus au Mali. La Cédéao souhaite la transformation de la Misma en mission de l’ONU. La Mauritanie, qui avait déjà salué "l'intrépidité des soldats tchadiens", a déjà annoncé son intention d'y participer. Il est certain que si la mission devenait onusienne, elle disposerait de plus amples moyens sur le terrain où ses actions seraient mieux coordonnées.
Alix Prat pour 24heuresinfo


* Pierre Buyoya a été nommé représentant spécial de la Commission de l’Union Africaine au Mali et chef de la Mission Internationale d'Appui au Mali (MISMA) le 30 janvier 2013, par la Présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), Dr Nkosazana Dlamini-Zuma.

Les autres articles sur le même sujet :
• L'hommage de Pierre Buyoya aux soldats tchadiens (Site officiel de la Présidence de la République du Tchad)


01 mars 2013

Mali, une guerre sans image ?


Il y a quelques jours, Le Monde à court d'informations se plaignait de la guerre invisible de Kidal. Le Nouvel Observateur, dans un de ses blogs, le Yéti, étalait de son côté un scepticisme froid à l'égard des communiqués de la coalition franco-africaine égrenant le nombre des morts djihadistes déclarés : "Mais qui les a vus tous ces cadavres ? Où sont-ils diable passés ?" Et d'enchaîner : "Une centaine de tués à Konna, au début du conflit... 65 à Gao, contre 23 Tchadiens. Problème : qui évacue ces centaines de morts djihadistes et les centaines de blessés qui vont avec ?..."

Première réponse : on n'évacue pas les morts ennemis, on les enterre. Les blessés sont en général pris en charge par leurs camarades et se rendent rarement. Deuxième commentaire:au Vietnam, les Américains pratiquaient un exercice journalier, le "body count" en alignant au sol sur trois rangées comme des perdreaux après une chasse présidentielle les corps des "vici" abattus en zone opérationnelle. Suivait souvent un défilé de prisonniers entravés, le tout livré aux photographes venus du monde entier.

Ni l'armée française ni les Tchadiens n'apprécient ces parades funèbres médiatiques ou l'exhibition de soldats ficelés en état de captivité "interdite par la convention de Genève". Les deux forces ne se livrent pas à une guerre télévisée. Face à des adversaires cruels, rusés et fanatiques, elles doivent pour être efficaces assurer une protection absolue du secret de leurs déplacements. Reconnaître un terrain chaotique dont la mesure des difficultés conditionne la manœuvre et la surprise.

Notre donneur de leçons, privé d'informations, l'esprit envahit par le doute, s'exclame:"C'est toujours comme ça quand aucun journaliste qui se respecte (je veux dire celui qui valide les sources des informations qu'il transmet) n'est pas admis sur le théâtre des opérations." Ce prêcheur impudent va jusqu'à traiter les journalistes suiveurs de "rouletabilles cantonnés en salon".

En Afrique, on cite quelquefois ce proverbe bantou qui vous irait très bien, cher monsieur : "L'impudence est grosse comme le derrière de l'éléphant."

A propos d'informations, une nouvelle de taille devrait largement suffire à calmer l'impatience du cher monsieur : "Abou Zeid, le cerveau d'Aqmi et le poing de fer djihadiste au Sahel, est mort, tué dans les combats du massif montagneux de Tigharghar au Nord du Mali, par les forces tchadiennes.
P.Dt pour 24heuresinfo

27 février 2013

Des Casques bleus au Mali en mars


Petit-déjeuner à l'Elysée avec le chef de la diplomatie américaine John Kerry.

Mis à jour le 28 février 2013 11:12
Le président tchadien, Idriss Deby, a exhorté mercredi à Yamoussoukro, ses homologues ouest-africains à accélérer le déploiement de la force ouest-africaine au Mali, où les troupes tchadiennes, aux côtés de l'armée française, combattent en première ligne les djihadistes dans le massif des Ifoghas (Nord-Mali). Le président en exercice de la Cedeao, le chef de l'État ivoirien Alassane Ouattara, a confirmé que la Misma compterait à terme 8000 hommes. Et demandé une rallonge budgétaire:alors que la communauté internationale s'était engagée sur une enveloppe de 455 millions de dollars (338 M EUR), destinée à la Misma, à l'armée malienne et à l'aide humanitaire, la Côte d'Ivoire a déclaré que les besoins globaux se montaient désormais à 950 millions de dollars (715 M EUR).
A terme, des Casques bleus devraient prendre le relais de la Misma au Mali.

Le nouvel homme fort de la diplomatie américaine John Kerry, en provenance de Berlin, s'est entretenu aujourd'hui avec le président français François Hollande, avant de partir pour Rome. Le Mali a naturellement été au centre de l'entretien. Même si le chef de la diplomatie américaine a récemment qualifiée l'intervention française au Mali de «réussie» et affirmé, hier, à Berlin que la situation malienne «représente une menace» pour l'Afrique et pour l’Europe, l’entente entre Paris et Washington oscille entre les crispations et les satisfecit. Washington a d'abord hésité à apporter un soutien logistique à l'intervention française. Puis présenté une facture exorbitante pour des avions cargo C-17 - refusée par la France - avant de les offrir quelques jours plus tard...

Les Etats-Unis ont cependant octroyé 96 millions de dollars pour l’entraînement et l'équipement de la Misma, — la force ouest-africaine qui devrait relayer à terme l’armée française —, mais qui n'a pas l'air de se presser pour aller au combat. Seuls les 1.800 soldats du Tchad déjà déployés dans le Nord-Mali, sont engagés sur les points les plus chauds aux côtés des troupes françaises. Le Tchad, qui est avec la France, en première ligne dans cette région proche de l'Algérie, a déjà perdu 23 soldats dans les combats du Nord-Mali. Un combat — qui vise à détruire les bases opérationnelles des groupes terroristes —  et qualifié "d'intrépide" par la Mauritanie. Le président tchadien Idriss Deby Itno vient, lors de l'ouverture du sommet de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) à Yamoussoukro, d'appeler  la force ouest-africaine et l'armée malienne à accélérer son déploiement dans le nord du Mali:"L'heure n'est plus aux discours (...) mais plutôt à l'action" a-t-il dit. "Nous appelons l'état-major de la Cédéao à plus de célérité...".

Les Etats-Unis ont déjà déployé des drones de surveillance «Predators» au Niger en soutien aux forces françaises, un appui logistique précieux pour le repérage au Mali des combattants islamistes et leur «neutralisation»Près de 100 militaires américains viennent d'être déployés dans le pays ouest-africain du Niger. Le président américain Barack Obama  a déclaré que ce déploiement "soutiendra la collecte de renseignements et facilitera le partage des renseignements avec les forces françaises menant les opérations au Mali et avec les autres partenaires de la région". (Lire notre article "100 militaires américains déployés au Niger")

L'avenir du Mali se joue également dans le sud du pays
Mise en place des forces terrestres dans le nord de Bamako. © EMA/Armée de l'Air.
L'intervention française dans le nord du Mali a sauvé le président intérimaire Dioncounda Traoré et le pays d'un probable nouveau coup d'Etat. Le gouvernement intérimaire de Bamako devrait pour sortir de la crise organiser des élections présidentielles d'ici le 31 juillet prochain. Cela passe par la mise en place d'un fichier électoral biométrique ainsi que la création d'une Commission de dialogue et de réconciliation pour mener un processus politique de réconciliation au Mali et faire respecter les droits de l'homme. Une condition impérative et peut-être optimiste car les relations avec le MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad des touaregs indépendantistes) sont on ne peut plus difficiles et le dialogue intercommunautaire, complexe, sur fond d'exactions de l'armée malienne contre les populations arabe et touareg dans les villes libérées, de règlements de compte et de sectarisme. Ce qui a conduit récemment la France a refuser à l'armée malienne l'accès à la ville de Kidal, au Nord, fief des rebelles touaregs.

Sans oublier les conflits qui opposent depuis longtemps deux factions de l'armée malienne, les bérets rouges aux bérets verts du capitaine putschiste Amadou Sanogo, qui avait déposé, lors du coup d'Etat du 22 mars 2012, le président Amadou Toumani Touré. Ce coup d'Etat avait plongé le Mali dans la crise.

Le 18 février, à Bruxelles, le conseil de l’Union européenne a formellement approuvé la mission européenne de formation de l'armée malienne, EUTM Mali. Mais cette mission ne coopérera pas avec le capitaine Amadou Sanago, pourtant investi mi-février à la tête d'un comité chargé de la refonte de l'armée malienne. Le général français François Lecointre, chef de la mission EUTM, a confirmé qu’elle était en contact direct avec le chef d’état-major de l’armée malienne, le général Ibrahima Dembele et le ministre de la Défense, Yamoussa Camara. Le bourbier malien est avant tout politique.
Alix Prat pour 24heuresinfo

23 février 2013

13 soldats tchadiens tués au Mali - 100 militaires américains déployés au Niger


Mis à jour, dim. 24 février 2013, 10:19
• Treize soldats tchadiens ont été tués vendredi dans un affrontement survenu dans le nord du Mali, au cours duquel 65 rebelles islamistes liés à al-Qaïda ont également été tués. L'armée tchadienne déplore la plus perte la plus lourde pour les troupes africaines et françaises depuis le début de l'opération militaire contre les djihadistes. L'état-major a évoqué un « violent accrochage », le 22 février à 11h15 dans les montagnes des Ifoghas, dans l'extrême nord du Mali. Plus précisément dans le massif de Tigharghar, près de la frontière algérienne. Les éléments tchadiens, qui suivaient les soldats français, auraient été pris sous le feu des jihadistes - qui connaissent bien cette zone de massifs rocheux montagneux, de grottes -,  avant que n'interviennent les avions français. 

Le Tchad, qui a envoyé 2 000 soldats au Mali rejoindre les troupes d'autres pays africains, compte diriger l'opération après le retrait des forces françaises prévu à partir du mois de mars.

• Près de 100 militaires américains viennent d'être déployés dans le pays ouest-africain du Niger. Le président américain Barack Obama  a déclaré que ce déploiement "soutiendra la collecte de renseignements et facilitera le partage des renseignements avec les forces françaises menant les opérations au Mali et avec les autres partenaires de la région". Dans une lettre au Congrès, il a déclaré que le dernier élément du déploiement avait été achevé mercredi, et que le déploiement s'était fait avec le consentement du gouvernement du Niger. Les troupes américaines sont munies d'armes pour leur protection et leur sécurité.

L'armée américaine prévoit, en effet, d'établir une base de lancement de drones dans le nord-ouest de l'Afrique pour combattre les groupes locaux affiliés à Al-Qaïda et les autres groupes extrémistes islamistes qui constituent une menace grandissante pour la région. Cette base de lancement de drones devrait selon toute probabilité être établie au Niger, situé à l'est du Mali.


Le président français François Hollande a salué samedi l’action de l’armée tchadienne. Interrogé lors de sa visite au Salon de l’Agriculture à Paris, le chef de l’Etat a évoqué « des combats très durs qui se livrent à l’extrême nord du Mali » et « saluer ce que font les Tchadiens ». Des combats qui vont se poursuivre : « C’est vraiment, là, la dernière phase du processus puisque que c’est dans ce massif-là que sont sans doute regroupées les forces d’Aqmi » (Al-Qaïda au Maghreb islamique), a-t-il ajouté. François Hollande a refusé de donner des informations sur la situation des otages français enlevés mardi dans le nord du Cameroun : «Si j’avais des éléments supplémentaires, je ne vous les communiquerais pas».

20 février 2013

MALI : un légionnaire tué dans les Ifoghas

Sept Français enlevés au Cameroun, un légionnaire tué au Mali
Les troupes françaises et tchadiennes sont arrivées au plus près des unités retranchées des chefs rebelles dans le massif des Ifoghas. Des forces spéciales sont  là où des groupes terroristes sont retranchés. Depuis mardi matin, des combats acharnés se déroulent dans les éboulis. Les pertes des djihadistes sont très importantes. On peut d'ors et déjà parler d'une trentaine de morts et de nombreux blessés parmi les dijadistes.
On déplore la mort d'un légionnaire du 2e régiment étranger de parachutistes(2e REP),le sergent-chef Harold Vormezeele, âgé de 33 ans, tué par balle, à 50 km au sud de Tessalit. L'opération Panthère, lancée lundi dans le massif de l'Adrar des Ifoghas, concerne "près de 150 soldats français et maliens", selon le ministère de la Défense. Elle vise notamment à "désorganiser les groupes terroristes et à démanteler les sanctuaires terroristes".
Selon toute vraisemblance, la secte nigériane Boko Haram, formée d'islamistes fanatiques dont une branche aurait rejoint au Mali les terroristes du Mujao, aurait franchi la frontière du Cameroun.Une famille de sept Français a été enlevé dans cette région, dans le parc naturel de Waza.Ont-ils été appréhendés par des hommes armés de la Secte à moto ?
Opération Panthère au Mali dans les Ifoghas. © ECPAD/EMA


L'effondrement du gouvernement malien, l'immobilisme de son armée, l'agitation impuissante de la classe politique, le pays déjà démembré, la faillite de l'Etat ont provoqué l'intervention urgente de l'armée française et d'une force autonome au Mali. Pas moyen de faire autrement. Le Nord occupé depuis cinq mois par les djihadistes qui menaçaient de s'emparer de Bamako et d'instaurer un califat islamiste régi par la Charia. La lenteur éléphantesque de la mise en place des troupes de la MISMA, la gravité de la menace et l'appel au secours du président Dioncunda Traoré ont fait le reste. François Hollande qui avait affirmé à plusieurs reprises que les soldats français ne seraient pas engagés sur le terrain, qu'ils prendraient uniquement en charge la logistique et la surveillance aérienne, est entré dans la guerre avec des accents de Clemenceau. Et Bamako s'est couvert de tricolore. 
Les islamistes ont menacé la France de "centaines de Merah", référence au tueur d'enfants juifs et des deux militaires en permission.

Pour le Tchad, la situation est différente. Il a une armée de grande réputation aux ordres d'un chef de guerre reconnu, le Président Deby. Dans la bataille qui s'engage, il a tout le pays derrière lui. L'Assemblée nationale à l'unanimité, les Chrétiens, les immams accompagnent de leurs prières l'engagement de leurs fils contre les hommes qui ont "perverti" leur religion, pour qui tous les moyens sont bons y compris les pires pour imposer leurs croyances par la violence et le sang.

Le Tchad a pris très tôt position contre le terrorisme au Sahel
L'opposition a tout fait pour faire échec à Deby, la rébellion, la calomnie, l'appel à l'étranger pour trouver de l'argent et des armes. Les diplômés ont fait les ronflants pour tenter de le discréditer, de le faire passer pour un militaire sans culture. Or, cet homme initié aux armes avait dès le début de son arrivée au pouvoir fait preuve de ses qualités politiques. En fermant, il y a déjà vingt ans toutes les mosquées "intégristes" et  reconduit leurs immams prêcheurs exaltés aux frontières, il s'est appliqué à installer une tolérance bienveillante entre chrétiens et musulmans. Et il y est parvenu.

Il a pris très tôt position contre le terrorisme du Sahel. Dans le Tibesti, ses troupes ont éradiqué les katibas de l'Aqmi qui tentaient de s'installer dans les montagnes toubous. Il a dénoncé la menace permanente que fait peser sur le bassin du lac Tchad la secte des fous meurtriers de Boko Haram. A l'approche du conflit libyen il avait prévu l'énorme dispersion, le désordre des tribus, l'irruption des bandes d'islamistes, "en 4x4 équipés de canons bitubes et de roquettes" sillonnant le désert. Il avait alors lancé un appel au courage à l'adresse des pays frontaliers, le Mali et le Niger, pour passer à l'action. "Il n'y a pas d'avenir sans combat de sauvegarde. Sans éradiquer Boko Haram." Le Tchad refuse de laisser les barbus à moto se faire sauter dans les rues ou exploser les mosquées et les églises.

Au Tchad, les terroristes en question ont des ressources, des charges de plastique et des armes de poing et peuvent se banaliser (cheveux courts, barbe rasée, pantalon). Mais à N'Djamena, tout le monde se connaît. Au quartier, un étranger hostile n'a aucune chance de circuler sans être détecté. La population est solidaire du gouvernement. La dissuasion est crédible. Les policiers et les militaires de la version locale de "Vigipirate" sont d'excellents tireurs. Et la peine de mort est toujours en vigueur.

Enfin, surprise tardive marquée. Même l'aboyeur le plus féroce, l'irréductible Saleh Kebzabo a rallié le camp unanime des "bellicistes" en soulignant le courage, la clairvoyance du chef de l'Etat, et sa solidarité avec les troupes tchadiennes engagées au Mali. Nous sommes dans l'année du Serpent, non ?
P.Dt. pour 24heuresinfo

08 février 2013

MALI : les soldats français et tchadiens à Aguelhok


Près de 8000 soldats africains et français au Mali. © EMA

Depuis jeudi soir, 7 février, des soldats français et tchadiens sont arrivés à Aguelhok, à 160 km au nord de Kidal, dans l'extrême nord-est du Mali, tout près de la frontière algérienne. Cette région, située à 200 km au nord de Kidal, serait le dernier bastion des islamistes : elle est la cible depuis plusieurs jours "d'intenses frappes aériennes françaises visant des dépôts logistiques et des centres d'entraînement des groupes islamistes", a précisé le porte-parole de l'état-major des armées françaises, le colonel Thierry Burkhard.
Aguelhok et Tessalit, dans le massif Adrar des Ifoghas, abriteraient des chefs islamistes. Et notamment l'Algérien Abou Zeïd, l'un des émirs les plus radicaux d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et Iyad Ag Ghaly, chef d'Ansar Dine ("Défenseurs de l'islam"), un ex-rebelle touareg malien, originaire de Kidal.
Au sol, le dispositif français s’étend désormais de Bamako à Kidal grâce à des éléments qui, en coordination avec les FAM et les forces africaines de la MISMA ou des tchadiens contrôlent les principales villes du pays. 
Près de 4000 soldats français sont présents sur le sol malien. A leurs côtés, 4000 soldats africains sont également présents au Mali, dont 2200 soldats de la MISMA appartenant au Togo (640), au Burkina Faso (500), au Nigéria (240), au Niger (530), au Bénin (150) et au Sénégal (50). Le plus fort contingent africain est celui du Tchad avec 2000 soldats rompus à la guerre sahélienne.

«Le terrorisme a été repoussé, il a été chassé mais il n'a pas encore été vaincu», a déclaré le chef de l'État français, François Hollande, lors d'un discours à Bamako, à l'occasion de sa visite au Mali, samedi dernier.

C'est dans le massif des Ifoghas que seraient détenus les sept otages français au Sahel. Vicki Huddleston, ancienne ambassadrice américaine au Mali, a affirmé que la France aurait payé une rançon d'environ 17 millions de dollars pour la libération de quatre otages français enlevés au Niger en 2010 : "Il y a deux ans, AQMI a pris des Français en otages dans une mine d'uranium au nord du Niger, et pour faire libérer ces otages la France a payé une rançon d'environ 17 millions de dollars. Les rançons, comme toutes les rançons, ont été payées indirectement. Elles ont terminé entre les mains du gouvernement malien et ensuite elles sont retournées, du moins une partie, aux salafistes."
Le général français Jean-Paul Paloméros, Commandant Suprême Allié Transformation, a pris ses fonctions le 28 septembre 2012 à Norfolk, aux Etats-Unis. Voici le regard qu'il porte sur l’engagement de la France au Mali.
"C’est une grande fierté pour un commandeur de l’Otan de voir son pays engagé dans la lutte contre le terrorisme et capable de projeter des forces cohérentes. Je crois que c’est un bel exemple de compétence, de travail interarmées et de planification. C’est aussi la confirmation de besoins anciens, je pense notamment aux capacités de projection et de ravitaillement en vol, mais aussi aux drones.
Le succès que l’on voit se dessiner ne m’étonne absolument pas. Je sais que les hommes et femmes que j’ai connus en tant que chef d’état-major de l’Armée de l’air sont capables d’exploits au quotidien."

30 janvier 2013

Algérie : nouvelle attaque terroriste contre un gazoduc


Le gazoduc de Hassi R’mel-Dellys, en Algérie, a été dimanche la cible d'une attaque d'un groupe armé, attaque repoussée par les gardes chargés de sa sécurité. Vers 21 heures, le campement des gardes du gazoduc de Hassi R’mell-Dellys, à Chriki, à 20 km à l’ouest de Bouira, a été attaqué par un groupe terroriste avec des mortiers. Les gardes ont finalement réussi à repousser le groupe armé après une heure d'échange de feu. Deux gardes ont été tués et sept autres, blessés.
L’armée algérienne sécurise actuellement la zone.
Une attaque qui intervient quelques jours après la prise d’otages sans précédent sur le site gazier d’In Amena, qui a fait près de 70 morts dont 37 travailleurs étrangers. Doit-on craindre un retour en puissance du terrorisme en Algérie ?

21 janvier 2013

Opération Serval : Diabaly et Douentza reprises aux djihadistes


Le Tchad a déployé 2000 hommes affûtés et aguerris au Mali pour appuyer l'armée française. Objectif : Gao afin d'en déloger les djihadistes. Une intervention militaire suivie et commentée par les médias qui ont salué l'arrivée de  ces troupes « expérimentées » et « aguerries ». « Le Tchad entend assumer sur le terrain sa responsabilité avec toute la rigueur qu'exige une telle mission », a affirmé le Président tchadien, Idriss Déby.

L’opération Serval se poursuit sur le sol malien. Plus de 2 000 militaires français ont été déployés et les troupes ont progressé vers le nord du pays en support des troupes maliennes. Les forces maliennes et françaises sont entrés dans les villes de Diabaly et Douentza qui étaient depuis huit jours aux mains des combattants islamistes.


Poursuite des frappes ciblées. Selon le ministère français de la Défense, "les avions de chasse et les hélicoptères français ont poursuivi les opérations aériennes consistant à détruire des objectifs militaires. Ces dernières 24 heures ont notamment été marquées par une dizaine de sorties, dont la moitié pour réaliser des frappes sur des véhicules terroristes. A terre, en coordination avec les forces maliennes, les soldats français ont étendu leur dispositif de couverture, empêchant les groupes terroristes de reprendre leur progression en direction de Bamako. Dans la nuit du 19 au 20 janvier, un sous groupement a été mis en place aux alentours des villes de Mopti et de Sévaré. A l’ouest, le sous groupement stationné depuis le 16 janvier à Markala s’est étendu jusque dans les environs de Nionno, toujours en appui des forces armées maliennes (FAMA).

Parallèlement, la montée en puissance de la force se poursuit, avec un appui toujours important de nos partenaires européens et canadiens."
Quant aux troupes africaines de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), de nouveaux contingents arrivent régulièrement à Bamako.

Opération Serval. La force africaine poursuit son déploiement. Aujourd’hui, ce sont plus de 250 nigérians, une centaine de togolais et une cinquantaine de béninois (en photos) qui ont rejoint Bamako. D’autres contingents doivent encore arriver les prochains jours. Crédit: EMA / armée de Terre - Ministère de la Défense