06 mars 2013

Mali : la base arrière de l'opération Serval

A découvrir sur le site de la Défense, le diaporama de la base arrière du soutien de l’opération SERVAL à Bamako. Projetée à plus de 4000 km de la métropole, la force Serval nécessite un soutien logistique important. Celui-ci s’organise en grande partie autour de l’aéroport international de Bamako. Chaque jour des avions y atterrissent, chargés de munitions, de vivres et de matériel divers qui permettent à la force de remplir sa mission.© Dicod
Source EMA
© JJ Chatard/EMA/Dicod
La base logistique de l'opération Serval sur l'aéroport de
Bamako au Mali © CC1 JJ Chatard/Dicod

05 mars 2013

Le président tchadien confirme la mort des deux chefs djihadistes

Le Président tchadien Idriss Deby a confirmé lundi la mort des deux chefs djihadistes Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar. "Deux des chefs terroristes Abou Zeïd et Mokhtar Belmokhtar qui écument le Nord Mali ont trouvé la mort lors des affrontements qui ont eu lieu le 22 février et 2 mars dans le massif Adrar au Nord Mali, entre les forces armées tchadiennes et les islamistes", a déclaré Idriss Deby, lors de l'inauguration d'une centrale électrique en banlieue de N'Djamena. "C'est en respect aux principes de l'Islam que les dépouilles de ces deux terroristes n'ont pu être exposées. C'est sur cette base que je peux répondre au ministre français de la Défense qui souhaiterait avoir des preuves", a-t-il poursuivi. Le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, avait en effet appelé dimanche à la "prudence" après les annonces par N'Djamena de la mort des chefs jihadistes Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar.
Lire à ce sujet l'interview du journaliste Pierre Darcourt (3 mars 2013)


Le 1er mars, les militaires français de la force Épervier étaient aux côtés des troupes tchadiennes lors d’une cérémonie en hommage aux 26 soldats tchadiens tombés lors des combats livrés dans l’Adrar. La cérémonie a eu lieu sur la base aérienne Adji Kosseï à N’Djamena. Le Ministre Délégué, Chargé de la Défense Nationale, le général Bénaïdo Tatola,  a rendu hommage aux «vaillants soldats tombés en martyrs au service de leur pays». L'attaché de défense français, le colonel Leccia, a lu le message du chef d'Etat-major des armées, l’amiral Guillaud, soulignant la combativité remarquable des militaires tchadiens face à leur ennemi. « La France s’incline devant la mémoire des 26 morts. » Le Président tchadien a annoncé aujourd'hui qu'un 27e soldat avait été tué.
Lire sur le site du ministère de la DéfenseTchad. Cérémonie en hommage aux soldats tchadiens morts au combat
Cérémonie d'hommage à N'Djamena © EMA/Armée de l'Air

04 mars 2013

Le 19 Mars appartient à l’Histoire


Mis à jour 5 mars 2013
Dans le cadre du 51anniversaire du Cessez-le-feu en Algérie le 19 Mars 1962, les cérémonies du 19 Mars prochains mobilisent les anciens d'Algérie partout en France. Retour sur une commémoration qui approche à grands pas.
Le 19 Mars 2012, quai Branly, à Paris. (Photo © FNACA)
La Paix des mémoires repose-t-elle sur la reconnaissance de l’Histoire ? C'est ce qu'affirme le secrétaire général de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie (FNACA), André Cognard, dans son dernier éditorial du magazine de l'association L'Ancien d'Algérie, la publication leader des anciens combattants forte de 370.000 abonnés et dont l'audience dépasse le million de lecteurs. "Il aura fallu attendre longtemps, trop longtemps, écrit André Cognard, cinquante années qui ont nécessité une action inlassable de notre Fédération auprès des gouvernements successifs, des parlementaires, des élus à l’échelon des régions, des départements et des communes pour que la date du Cessez-le-feu le 19 Mars 1962 soit reconnue officiellement par la République Française." Le 19 Mars, Journée Nationale du Souvenir et de Recueillement à la Mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc est désormais une cérémonie nationale de la France. Elle appartient déjà à l’Histoire.

La victoire du 19 Mars est aussi celle de la combativité de deux personnalités de la Fnaca, aujourd'hui disparues, Wladyslas Marek et Maurice Sicart. Le 13 février dernier, le Bureau national de l'association a rendu hommage à ces deux hauts responsables de la Fédération, respectivement au cimetière d’Avon (77) et au cimetière du Père Lachaise à Paris. Wladyslas Marek, qui fut président de la Fnaca pendant 36 ans, s’est éteint le 24 septembre 2012. Marc Laffineur, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, a salué en lui « un homme d’exception, animé par le sens du courage, de la droiture et de la fraternité ». Il avait servi en Algérie du 17 avril 1960 au 16 avril 1962 et rejoint le secrétariat national de la Fnaca en 1968. Constamment sur le front parlementaire, il assurait les relations avec les élus. Maurice Sicart, secrétaire général de la Fnaca pendant plus de 40 ans, a constamment défendu la pertinence de la date du 19 mars contre celle du 5 décembre, qualifiée certes par certains de "fantaisiste" mais, en tous cas, non historique.

Une mobilisation exceptionnelle des départements
La Fnaca, sur le pied de guerre, se mobilise partout en France pour les cérémonies qui approchent à grands pas : "Dans le cadre du 51e anniversaire du Cessez-le-feu en Algérie le 19 Mars 1962, nous devons tout mettre en œuvre pour assurer une forte participation de nos adhérents, de la population, en la présence des autorités civiles et militaires devant les Mémoriaux départementaux et les monuments aux Morts", a exhorté le secrétaire général de la Fnaca. "La Paix des mémoires repose sur la reconnaissance et l’enseignement de l’Histoire", a-t-il conclu. La Fnaca compte sur une mobilisation supérieure à celle du 19 Mars 2012. (Lire notre article Feu vert pour les cérémonies du 19 Mars)

Les anciens combattants d'Algérie peuvent désormais cesser la guerre fratricide qui les ont opposés sur le choix d'une date de commémoration et se réconcilier —ou se retrouver pour nombre d'entre eux, comme chaquée année—, devant les monuments aux Morts de leurs villages, érigés en hommage au sacrifice des soldats de France, en hommage à leurs camarades tombés au combat.
Alix Prat pour 24heuresinfo

* La Loi n° 2012-1361 du 6 décembre 2012 a été publiée au Journal Officiel le 7 décembre 2012. C’est lors de sa séance du 8 novembre 2012 que le Sénat a adopté la proposition de Loi votée par l’Assemblée nationale le 22 janvier 2002 relative à la reconnaissance du 19 Mars, à l’instar du 11 Novembre 1918 et du 8 Mai 1945.

 Lire les autres articles de 24heuresinfo 

Voir aussi l'interview de Maurice Sicart, secrétaire général de la FNACA et celle de Hamlaoui Mekachera, secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants de Soir 3 sur le site de l'INA (2003).



Coup de cœur pour L'Honneur et le sang de Pierre Darcourt


L'Honneur et le sang, Pierre Darcourt, editions Nimrod.
Un parachutiste de 26 ans a trouvé la mort samedi au Mali dans "l'un des combats les plus violents" depuis le début de l'intervention française dans le pays, a indiqué le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. "Il est mort pour la France, pour notre liberté, pour notre sécurité".
4.000 soldats de l'armée française se battent avec courage et détermination au Mali, où la France est en première ligne aux côtés des soldats tchadiens dans la guerre contre les djihadistes. Alors que trois soldats français ont été tués lors d'affrontements dans le massif des Ifoghas, dans le Nord-Mali, que la France se bat avec succès, face à face, nous avons aimé ce livre, publié au format poche, qui rappelle qu'il existe au sein de nos armées une véritable fraternité d'armes même dans les contextes les plus difficiles.
Pierre Darcourt : "Je voulais sortir de l'ombre des faits d'armes oubliés ou méconnus. Montrer que, même quand tout semblait perdu, des poignées de soldats commandés par des officiers superbes se battaient pour l'honneur de leurs armes et de leur drapeau. L'honneur, ça existe. Le drapeau n'est pas un simple morceau d'étoffe;il justifie tous les sacrifices. La patrie, proche ou lointaine, est toujours présente dans le cœur des soldats."*1

L'Honneur et le sang, nous livre une galerie de portraits de guerriers combattants (Seconde Guerre mondiale, Indochine, Algérie) mis en relief dans des chapitres courts par une écriture d'une grande intensité. Un livre "plein de courage, d’abnégation, d’honneur et d’amour pour la France" et qui se lit comme un roman.

Photo © Jean-Michel Guhl
Un don de 6.000 euros pour l'Association Terre-Fraternité
Le 29 juin 2012, à l'hôtel national des Invalides, à Paris, Pierre Darcourt, lauréat du Prix littéraire de l'armée de Terre Erwan Bergot a remis le montant du chèque de 6.000 euros qu'il venait de recevoir à l'Association Terre-Fraternité,représentée par le général Bernard Thorette, qui vient au secours des blessés de guerre et de leurs familles. "Je salue le général Bernard Thorette, Président de l'association Terre Fraternité. Et les efforts consentis en faveur des blessés en opération ainsi qu'à leurs familles. C'est une action qui force le respect. J'ai pris la décision, dès que j'ai été lauréat du Prix Bergot, de verser le montant de ce prix à cette association", a tenu à souligner le lauréat Pierre Darcourt.

"Omu liberu, homme libre"
Les théâtres d'opération, Pierre Darcourt les connaît bien. Il les a parcouru comme correspondant de guerre, puis rédacteur en chef au Figaro. Carte de presse en poche,— ce petit carton barré de tricolore—, il est allé au bout de la terre, en s'accrochant à "l'un des plus beaux textes du monde : la Charte des Journalistes", précise-t-il. "La dignité, la parole, l'intransigeance de l'esprit et de l'écriture. Un métier superbe et fort. 50 ans de route. Des coups à prendre, d'émotions à partager. La route, c'est le risque et l'aventure. Avec l'obsession d'arriver le premier là où personne ne va jamais. La route, c'est un chemin de lumière, le dernier rendez-vous des princes." Des représentants de cette noblesse "rarement affichée" étaient présents pour la remise du prix. Lire à ce sujet le très bel article du journaliste Pierre Bayle, qui souligne:"Fidèle à lui-même, le journaliste Pierre Darcourt a réaffirmé son attachement à la liberté en recevant le 29 juin le prix littéraire de l’armée de terre Erwan Bergot, résumé dans la devise gravée sur le couteau de son grand-père corse:«Omu liberu*». Homme libre."Un fier et vibrant plaidoyer pour la liberté du journaliste."
Alix Prat pour 24heuresinfo

*1 Terre Information Magazine, Interview de Pierre Darcourt, Le Livre du mois, septembre 2012, page 52.
*2 Omu liberu, homme libre

A lire L'Honneur et le sang. Pierre Darcourt. Editions Nimrod, 2012. 224 p. (Disponible sur amazon.fr et fnac.com)
  




02 mars 2013

Le président tchadien Idriss Deby confirme la mort d'Abou Zeid


Un second chef djihadiste tué dans les Ifoghas

Les troupes tchadiennes ont abattu Abdelhamid Abou Zeid, l’un des principaux chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) lors d’affrontements dans le massif des Ifoghas, a annoncé le président tchadien Idriss Deby Itno vendredi soir. «Le 22 février nous avons perdu nos soldats dans le massif des Ifoghas après avoir détruit la base des jihadistes. C’est pour la première fois qu’il y a eu un face à face avec les jihadistes. Nos soldats ont abattu deux chefs jihadistes dont Abou Zeid et ils ont libéré Tessalit», a déclaré le président Deby aux corps constitués venus lui présenter leurs condoléances après l’hommage solennel rendu vendredi aux 26 soldats tchadiens morts dans le nord Mali.

Abou Zeid a été tué avec 40 islamistes dans le nord du Mali, après de violents combats près de Tigharghar, dans le sanctuaire d’Aqmi et des islamistes les plus radicaux de l’Adrar des Ifoghas, dans l’extrême nord-est malien, près de la frontière algérienne.
Lire aussi notre article sur le chef djihadiste Abou Zeid

Un autre chef islamiste aurait également été tué : il s'agirait de Mokhtar  Belmokhtar, qui avait revendiqué la prise d'otages sur le site gazier In Amenas dans le Sahara algérien. L'un des fondateurs d'Aqmi, il aurait quitté le groupe en octobre 2012 pour lancer un autre groupe de djihadistes spécialisés dans la prise d'otages. Selon l'état-major tchadien, Mokhtar Belmokhtar, dit le borgne, a été tué dans le massif des Ifoghas, dans le nord du Mali, où les troupes françaises, maliennes et tchadiennes poursuivent leurs attaques contre les terroristes réfugiés dans les grottes de ces montagnes à quelques kilomètres de la frontière algérienne.
Lire aussi notre article sur Mokhtar Belmokhtar, dit le borgne.

01 mars 2013

Mali, une guerre sans image ?


Il y a quelques jours, Le Monde à court d'informations se plaignait de la guerre invisible de Kidal. Le Nouvel Observateur, dans un de ses blogs, le Yéti, étalait de son côté un scepticisme froid à l'égard des communiqués de la coalition franco-africaine égrenant le nombre des morts djihadistes déclarés : "Mais qui les a vus tous ces cadavres ? Où sont-ils diable passés ?" Et d'enchaîner : "Une centaine de tués à Konna, au début du conflit... 65 à Gao, contre 23 Tchadiens. Problème : qui évacue ces centaines de morts djihadistes et les centaines de blessés qui vont avec ?..."

Première réponse : on n'évacue pas les morts ennemis, on les enterre. Les blessés sont en général pris en charge par leurs camarades et se rendent rarement. Deuxième commentaire:au Vietnam, les Américains pratiquaient un exercice journalier, le "body count" en alignant au sol sur trois rangées comme des perdreaux après une chasse présidentielle les corps des "vici" abattus en zone opérationnelle. Suivait souvent un défilé de prisonniers entravés, le tout livré aux photographes venus du monde entier.

Ni l'armée française ni les Tchadiens n'apprécient ces parades funèbres médiatiques ou l'exhibition de soldats ficelés en état de captivité "interdite par la convention de Genève". Les deux forces ne se livrent pas à une guerre télévisée. Face à des adversaires cruels, rusés et fanatiques, elles doivent pour être efficaces assurer une protection absolue du secret de leurs déplacements. Reconnaître un terrain chaotique dont la mesure des difficultés conditionne la manœuvre et la surprise.

Notre donneur de leçons, privé d'informations, l'esprit envahit par le doute, s'exclame:"C'est toujours comme ça quand aucun journaliste qui se respecte (je veux dire celui qui valide les sources des informations qu'il transmet) n'est pas admis sur le théâtre des opérations." Ce prêcheur impudent va jusqu'à traiter les journalistes suiveurs de "rouletabilles cantonnés en salon".

En Afrique, on cite quelquefois ce proverbe bantou qui vous irait très bien, cher monsieur : "L'impudence est grosse comme le derrière de l'éléphant."

A propos d'informations, une nouvelle de taille devrait largement suffire à calmer l'impatience du cher monsieur : "Abou Zeid, le cerveau d'Aqmi et le poing de fer djihadiste au Sahel, est mort, tué dans les combats du massif montagneux de Tigharghar au Nord du Mali, par les forces tchadiennes.
P.Dt pour 24heuresinfo

Abou Zeid, l'un des chefs d'Aqmi tué dans le Nord-Mali


Mis à jour, 1er mars 2013, 9:42
Abou Zeid, l’un des principaux chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) aurait été tué. Sous le titre "Mort de l'émir d'Aqmi Abou Zeid", le site algérien d'information Ennahar TV a précisé que "les troupes françaises ont découvert (les corps) de 40 terroristes dont celui d'Abou Zeid" près de Tigharghar" au Nord-Mali. Trois autres djihadistes auraient été faits prisonniers.

De son vrai nom Mohamed Ghdiri, cet Algérien d'une quarantaine d'années était apparu pour la première fois sur la scène médiatique en 2003 comme adjoint d'Abderazak El-Para, principal instigateur de l'enlèvement de 32 touristes européens dans le grand Sud algérien (février-mars 2003).


Abou Zeid est également responsable de l'enlèvement, en 2010, de 7 salariés d'Areva et de Satom à Arlit, dans le Nord du Niger, dont quatre Français sont toujours retenus en otages dans le nord du Mali. Il est aussi accusé de l'assassinat d'un otage britannique Edwin Dyer, en 2009 et de la mort de l'otage français Michel Germaneau. En 2012, après la chute de Tombouctou, il avait installé son QG dans le palais du guide libye, Mouammar Kaddhafi jusqu'à ce que les avions français le pulvérisent.

Jeudi soir, un journaliste du quotidien français Le Monde, envoyé spécial à Kidal, a confirmé la mort d'Abou Zeid, citant « une source fiable proche des opérations militaires en cours dans le nord du Mali ». Selon le journal, « des frappes aériennes ont eu lieu dans la zone d'Etagho, à quelques dizaines de kilomètres d'Aguelhoc (au nord de Kidal) », dans la région de l’Adrar de Tigharghar. Une information qui, pour le moment, n'a cependant pas encore été confirmé par le ministère français de la Défense ni par le gouvernement algérien.