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18 avril 2013

Le 19 Mars, porteur de mémoire


La date du 19 Mars qui correspond à un fait historique
majeur, le cessez-le-feu du 19 mars 1962, est déjà ancrée
dans l'esprit du grand public. Photo © J. Robert DMPA  

«L'offense à l'Histoire, c'était le 5 décembre» a souligné avec perspicacité le sénateur du Rhône Guy Fischer (1), lors des débats au Sénat, le 25 octobre 2012, portant sur la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir. Il avait ajouté : «Une date de commémoration doit avoir un sens historique et symbolique.» C'est dans cet esprit que la proposition de loi qui fait du 19 mars, date anniversaire du cessez-le-feu en 1962, la «journée nationale du souvenir» en mémoire des victimes de la guerre d’Algérie, a été définitivement adoptée  par le Parlement, après un vote en ce sens au Sénat.

Aujourd'hui, d'aucuns s'interrogent : faut-il abroger la date du 5 décembre qui n'a, elle, aucune portée historique ? «Sa suppression faciliterait la compréhension et la connaissance de l'histoire des conflits nord-africains par le public et le travail de transmission de la mémoire à destination des jeunes générations», estime le député de Meurthe-et-Moselle Hervé Féron. Un autre député Thomas Thévenoud (Saône-et-Loire) a, lui aussi, posé la question à l'Assemblée nationale, le 5 février dernier, soulignant que le maintien de la date du 5 décembre, «qui ne correspond à aucun fait historique majeur», était de nature «à créer la confusion». Il souhaitait savoir dans quelle mesure le Gouvernement entendait «mettre fin aux célébrations du 5 décembre et faire du 19 mars la seule et unique date de commémoration de la guerre d'Algérie».

Un mois plus tard, le 5 mars 2013, sa question écrite avait reçu une réponse précisant que rien n'empêchait «qu'un même événement ou une même population fasse l'objet de deux commémorations au cours d'une année». Ajoutant : «Le législateur a ainsi choisi, par la loi  n° 2012-273  du 28 février 2012, d'ériger le 11 novembre en date de commémoration de tous les morts pour la France sans pour autant que cette journée d'hommage se substitue à celles déjà existantes.» Cette réponse à la Normande oublie de mentionner que la date du 19 Mars correspond à un fait historique réel, le cessez-le-feu en Algérie du 19 mars 1962 qui, lui, sera retenu par les générations futures. La date du 5 décembre, elle, n'évoque rien dans l'esprit de nos contemporains, ni chez les jeunes, ni chez les seniors. Cela est simple à vérifier, il suffit de poser, autour de soi, la question : «Qu'évoque pour vous le 5 décembre ?» Rien. Le public l'ignore. Le 5 décembre n'est donc pas porteur de mémoire, mais d'oubli.

Comme l'a souligné le sénateur Georges Labazée, le 19 mars n'est pas «signe de victoire ou de défaite, mais d'une décision politique, l'arrêt des combats». «Nous devons encourager la réconciliation nationale et la recherche historique, a-t-il affirmé, dans un but pédagogique, à la lumière des valeurs républicaines et humanistes sur lesquelles repose notre constitution.»
Alix Prat pour 24heuresinfo

1. Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

05 avril 2013

FNACA : suivez le guide !

Du nouveau sur le site de la FNACA.org : une présentatrice commente les pages que les internautes vont découvrir. Du virtuel à l'ère du XXIe siècle. Une animation flash réussie. Convivial.
Suivez le guide !

Le 19 Mars se popularise
Depuis l'officialisation de la date du 19 Mars, enterinée le 6 décembre 2012 (le lendemain de la date fantaisiste du 5 décembre, ça ne s'invente pas !), de nombreux espaces officiels du 19 mars commémorant le cessez-le-feu en Algérie sont créés sur le territoire français. A Prahecq, un espace du 19 Mars a été créé, inauguré par le maire de la ville, Claude Roulleau, lui-même ancien appelé en Algérie. Des créations d'espaces de mémoire dédiés au 19 mars, à suivre sur le blog de Michel Dandelot.

Il serait intéressant de répertorier toutes les rues du 19 Mars, les squares, les ponts... A quand une carte de France des espaces du 19 Mars ?
Alix Prat pour 24heuresinfo

28 mars 2013

19 Mars: 7.000 personnes à la première commémoration officielle, à Paris


Succès sans ombre dans toute la France, pour la Fnaca, qui a fait entrer la commémoration officielle du 19-Mars dans l'Histoire.
La cérémonie du 19 Mars présidée par Kader Arif,
au Mémorial du quai Branly © Jacques Robert DMPA
Participation massive pour la première commémoration officielle du 19-Mars. A Paris, comme en province. Les sections Fnaca, partout en France, ont organisé officiellement, à la demande de la préfecture, la cérémonie avec leur municipalité. Cette année, les cérémonies du 19 mars marquaient également les 51 ans du Cessez-le-feu officiel de la guerre d'Algérie.

600 porte-drapeau à Paris
Emotion d'abord, au cimetière du Père Lachaise devant la stèle aux Morts pour la France en Algérie, Maroc, Tunisie, en présence du maire de Paris, Bertrand Delanoë. Quai Branly, à 16 heures, au Mémorial de la guerre d'Algérie, l'hommage aux combattants de la guerre d'Algérie, du Maroc et de la Tunisie a lieu en présence de Kader Arif, ministre délégué auprès du ministre de la Défense chargé des Anciens combattants, du gouverneur militaire de Paris, le général Hervé Charpentier et d'Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris. 600 porte-drapeau, sous un dais blanc, représentent chacun une section locale. Une foule dense, compacte qui suit avec une émotion contenue cette première commémoration officielle.
A gauche : le ministre Kader Arif et le gouverneur militaire de Paris,
le général Hervé Charpentier. © Jacques Robert DMPA
L'hommage de Toulouse
Kader Arif avait déjà rendu hommage, le matin même, aux victimes civiles et militaires du conflit au monument aux morts des allées François-verdier de Toulouse, aux côtés de Guy Darmanin, président national de la Fédération nationale des anciens combattants d'Algérie (FNACA). Une cérémonie officielle qui a eu lieu en présence du préfet de la Haute-Garonne, Henri-Michel Comet,  du maire de Toulouse, Pierre Cohen, du président de la Région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, du président du conseil général de la Haute-Garonne, Pierre Izard et du délégué militaire départemental, le lieutenant-colonel Eric Périn...



Kader Arif : parcours brillant
pour ce haut-garonnais toujours
chaleureux © J. Robert DMPA
Trouver le chemin d'une mémoire apaisée
Kader Arif est né en Algérie. Un père harki, engagé aux côtés de l'armée française. Des études à Castres, puis à l'Ecole supérieure d'audiovisuel de l'Université Toulouse le Mirail. Une maîtrise de communication. Secrétaire national du parti socialiste chargé des relations internationales. Député européen. Nommé le 16 mai 2012, ministre chargé des anciens combattants dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault. Un parcours brillant pour ce haut-garonnais toujours souriant, chaleureux. Médiatique. Prompt à répondre aux invitations des anciens d'Algérie. Le ministre a toujours souhaité regarder le passé avec lucidité. Rejeté le terme de «repentance». Pas question de se braquer sur un mot. Ni sur une date. Les questions mémorielles existent, mais il s'agit aujourd'hui de trouver le chemin d'une mémoire apaisée.


7.000 personnes à l'Arc de Triomphe
Dans la soirée, sous la voûte profonde de l'Arc de triomphe, il préside le recueillement sur la tombe du Soldat Inconnu. 7.000 personnes qui ont remonté l'avenue des Champs-Elysées, la plus large avenue de la capitale, font une garde silencieuse autour des 600 porte-drapeau et des personnalités venues rendre hommage aux victimes de la guerre d'Algérie. Près de 30.000 compagnons d'armes disparus. Un «hommage solennel  à tous ceux dont le destin s’est effacé devant celui de la Nation», a souligné la FNACA.

Les cérémonies du 19 Mars à l'Arc de triomphe © Jacques Robert DMPA

Les jeunes aux cérémonies du 19 Mars
© Jacques Robert DMPA
La FNACA a su se renouveler
Remarquée, la forte et émouvante participation des enfants à cette cérémonie du soir. Pour les jeunes, de plus en plus associés aux cérémonies, le devoir de mémoire doit se préparer «sans polémiques». Tous ont dans leurs familles l'histoire d'«une vie brisée» par la guerre d'Algérie. Un parent brutalement arraché à l'affection de ses proches, jeté dans cette guerre qui a broyé tant de destins.

La FNACA a su très tôt associer les jeunes et les familles au devoir de Mémoire. C'est ce qui a favorisé son dynamisme et son renouvellement. Au contraire d'autres associations qui, n'ayant pas su organiser leur succession, ont aujourd'hui non seulement bien du mal à recruter mais plus encore à garder leurs adhérents.

Alix Prat pour 24heuresinfo Mise à jour le 28 mars 2013 à 18:54

Les photos du 19 Mars
Photos © Jacques Robert DMPA


20 mars 2013

19 Mars : « Commémorer, c'est ne pas oublier »


Mémorial du Quai Branly, à Paris, le 19 mars 2013
«Celles et ceux ayant survécu à cette tragédie savent
combien sont précieuses 50 années de paix...»

Mise à jour le 20 mars, 18:21
La foule se pressait hier au monument aux morts François-Verdier, à Toulouse, à l'occasion des commémorations officielles de la fin de la guerre d'Algérie. Pierre Cohen, maire de Toulouse, et Kader Arif, ministre délégué aux anciens combattants, ont rendu hommage aux victimes civiles et militaires du conflit. Le président de la Fédération nationale des anciens combattants d'Afrique du Nord (Fnaca), Guy Darmanin, a rappelé «que le devoir de mémoire est essentiel car commémorer, c'est ne pas ignorer et ne pas oublier».

Kader Arif a souligné l'importance de la mémoire, du souvenir que les anciens doivent transmettre aux plus jeunes. Pour le 68e anniversaire de la libération de Dijon, auquel il assistait, Kader Arif avait déjà insisté sur l’importance de « garder une mémoire vive des événements, une mémoire de chair». «On ne doit jamais oublier, avait-il dit.  D’où l’importance de la présence des anciens combattants. Je suis ému de voir tous ces hommes qui ont su garder leur dignité. La question se pose d’ailleurs, quand ils ne seront plus là, comment garder cette mémoire vivante ? Nous ne devons pas forcément regarder vers les périodes anciennes de l’histoire mais plus vers l’avenir ».
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, dépose une gerbe sur
la tombe du Soldat inconnu, lors des cérémonies du 19 Mars. © D.R.
A 16 heures, le ministre des Anciens combattants, de retour à Paris, commémorait le 19 Mars, Quai Branly. Face au Mémorial de la guerre d'Algérie, la longue file des porte-drapeau venus nombreux, en rangs serrés, émus, solides. La cérémonie se déroule en présence du gouverneur militaire de Paris, le général Hervé Charpentier.

Mémorial du quai Branly. © GMP Cch Joël Verilhac
En fin de journée, Kader Arif a présidé la cérémonie commémorative du cessez-le-feu en Algérie du 19 mars 1962 qui s'est déroulée sous l'Arc de Triomphe à Paris, en présence du gouverneur militaire de Paris, le général Hervé Charpentier, du maire de Paris Bertrand Delanoë, de George Pau-Langevin, ministre déléguée à la Réussite éducative et d'Anne Hidalgo, première adjointe de Bertrand Delanoë et candidate socialiste à la mairie de Paris.

Le Comité de «La Flamme sous l'Arc de Triomphe» a été fondé le 2 novembre 1923. Il a pour but de raviver quotidiennement la flamme sur la tombe du Soldat Inconnu et plus généralement d'entretenir la mémoire de tous les Combattants Français et alliés tombés au champ d'honneur. Le 11 novembre 2009 pour la première fois, la Chancelière Allemande Angela Merkel , a ravivé la Flamme aux cotés du Président de la République Nicolas Sarkozy accompagnés par deux enfants. Ensemble, ils ont rendu hommage aux morts et aux combattants de la Grande Guerre et marqué les liens actuels de la France et de l'Allemagne pour construire une paix durable en Europe. Cette flamme a été allumé pour la première fois par André Maginot, ministre de la Guerre et des Pension, ancien sergent du 44e RIT, blessé au combat.

«Celles et ceux ayant survécu à cette tragédie savent combien sont précieuses 50 années de paix...», a souligné la Fnaca, à l'occasion des commémorations de la journée nationale du 19 Mars.

18 mars 2013

19 Mars, J - 1


Le 18 mars 1962, suite aux négociations d'Evian et à l'accord qui en résulte sur l'autodétermination du peuple algérien, le général De Gaulle, annonce, au journal télévisé de 20 heures, le cessez-le-feu en Algérie et l'organisation prochaine d'un référendum qui devra consacrer le choix fait sur l'avenir des relations entre la France et l'Algérie.

• Voir le discours du général de Gaulle sur le site de l'INA : déclaration du général de Gaulle du 18 mars 1962

Ce cessez-le-feu va bouleverser la vie en Algérie. Il prend officiellement effet le 19 mars 1962, à midi et met fin à huit ans de guerre.  Deux référendums vont appuyer cette décision : celui du 8 avril 1962 par lequel les Français de métropole approuvent massivement (plus de 90%) le choix de De Gaulle ; et celui du 1er juillet 1962, par lequel les Algériens se prononcent pour l'indépendance de leur pays. Le 4 juillet, le nouveau président de la République Ahmed Ben Bella s'installe a Alger et proclame officiellement l'indépendance le lendemain.

Mais le cessez-le-feu du 19 mars ne signifie pas pour autant le retour de la paix. Combats et massacres se prolongent jusqu'en juillet 1962. Les principales victimes des représailles orchestrées par le Front de libération nationale (FLN) sont les Pieds-noirs et les harkis.

Voir les archives de l'INA :
• Algérie : la fin d'une guerre. Témoignages et impressions du côté FLN à l'annonce du cessez-le-feu. 

« L'Amère patrie »
Un million de pieds-noirs va fuir vers la métropole, Pompidou se veut rassurant alors même que l'exode bat son plein. Un afflux qui dépasse les administrations, surprend les politiques, inquiète la population. Pressés de s’intégrer dans une nation qui peine à les reconnaître comme siens, les rapatriés hésitent entre honte et colère.

Un très beau film L'Amère patrie retrace le retour des Français d'Algérie. Réalisé par Marion Pillas et Frédéric Biamonti, il opère un retour sur l’histoire pour comprendre aussi bien les enjeux politiques de l’époque que le déchirement des familles et leur douloureux retour en France.
Grâce à des d’archives inédites (images INA, Pathé et Gaumont, films amateurs), aux témoignages d’anonymes, d’historiens de renom tels que Pierre Nora, Paul Quilès ou encore Jean-Jacques Jordi, mais aussi de nombreuses personnalités publiques (Alain Afflelou, Enrico Macias...), L’Amère patrie restitue à ce rapatriement sa pleine dimension historique, loin des discours extrémistes ou des clichés entretenus par les pieds-noirs « de service ».

24heuresinfo a vu ce film bouleversant qui retrace le destin singulier des pionniers venus s'installer en Algérie au XIXe siècle, obligés brutalement de quitter tout ce qu'ils avaient créé dans un pays qu'ils aimaient. Nous reviendrons prochainement en détail sur ce documentaire qui offre une lecture critique de l’histoire.


• L'Amère patrie. Une coédition Éditions Montparnasse / France Télévisions Distribution. Un film de Marion Pillas et Frédéric Biamonti. Durée 1h12. Couleur et N&B, 16/9, 1.77, VF , Stéréo – Zone 2 – PAL. 15 euros.
Site web : www.editionsmontparnasse.fr/

15 mars 2013

Le premier 19 mars officiel se prépare dans toute la France


Mis à jour le 15 mars 2013, 16:03
Désormais déclarée date officielle, la cérémonie du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, aura lieu le mardi 19 mars au Mémorial du Quai Branly, à Paris, en présence de Kader Arif, ministre délégué auprès du ministre de la Défense, en charge des anciens combattants. Dans son message, Kader Arif n'oublie pas les morts survenus après cette date : «Mais ce jour (...) ne signa pas la fin des drames et des horreurs. La France n'oublie pas les hommes, femmes, enfants, dont le destin fut bouleversé après cette date.»


Le Mémorial du Quai Branly. © D.R.

A Paris, de nombreuses cérémonies vont avoir lieu dans chaque arrondissement, aux monuments aux Morts. Elles se dérouleront aussi sur l'ensemble du territoire français, puisque pour la première fois, cette cérémonie du 19 Mars, 51e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, sera une journée nationale : elle a rejoint, en effet, dans l'ordre protocolaire, les cérémonies du 11 novembre 1918 et du 8 mai 1945, selon la loi du 6 décembre 2012.

Des commémorations organisées à l'échelle nationale
En Béarn, elle se tiendra au Mémorial où sont gravés en lettres d'or 148 noms de jeunes appelés, morts loin de leur terre natale, sur les terres baignées de soleil d'Afrique du Nord. La cérémonie se déroulera avec la participation du 5e régiment d’hélicoptères de combat, sous la présidence de Lionel Beffre, préfet des Pyrénées-Atlantiques et sous l’autorité du général Didier Brousse, commandant d’armes de la place de Pau, en présence des parlementaires, élus et représentants d’associations d’anciens combattants des Pyrénées-Atlantiques. Un vin d’honneur servi à l’issue de la cérémonie, à l'instar de ce qui est organisé par tous les comités Fnaca en liaison avec les municipalités.

Soulignons que le monument de Béarn-Soule, inauguré le 7 juillet 2001 par le secrétaire d'État aux anciens combattants, Jean-Pierre Masseret, est né de la volonté commune de l'ACPG-CATM*, la Fnaca et l'Union nationale des combattants (UNC). Le monde combattant, uni à l'époque pour préserver son passé et la mémoire des 148 Béarnais et Souletins morts au combat, avait, organisé une souscription ; de nombreuses communes, les Conseils général et régional avaient également financé le projet. Le monument rappelait que, dans les seules années 1956-1957, c'est deux à trois décès par mois qui marquèrent douloureusement le Béarn et Soule. Il n'est pas inutile de rappeler que nombre de comités locaux FNACA et UNC œuvrent ainsi en parfaite entente pour accomplir le devoir de mémoire.


Drapeaux en berne à Suresnes
A Suresnes, la municipalité n'offrira pas de vin d'honneur. La cérémonie  se déroulera aussi, mais... avec les drapeaux en berne. La ville proteste, en effet, contre le choix du 19 Mars. Le maire de Suresnes et vice-président du Conseil général des Hauts-de-Seine, Christian Dupuy, a pris publiquement position : une cinquantaine de drapeaux en berne seront ainsi positionnés devant les écoles, gymnase, mairie et bâtiments administratifs de la commune. 

Le maire de Suresnes veut par cette mesure contester symboliquement ce qu'il appelle «le revirement commémoratif», le choix du 19 Mars : «J'entends ainsi marquer symboliquement ma désapprobation d'un choix qui rouvre inutilement les blessures mémorielles, et rendre à une partie des victimes de ce conflit l'hommage que cette date leur refuse de fait ». Ajoutant : «Je crois que la mémoire doit être partagée et que les cicatrices de l'histoire ne devraient pas être aggravées par des inclinaisons partisanes.»

Dans ce cas, pourquoi ne pas célébrer aussi le 19 Mars ? Tous les administrés de Suresnes n'adhérent pas à la date de commémoration du 5 Décembre. N'est-il pas temps de cesser de rouvrir inutilement les blessures mémorielles ? Et de rendre hommage à la mémoire des soldats morts qui ont sacrifié leur 20 ans ?

C'est le sens du message du ministre délégué aux anciens combattants Kader Arif pour cette Journée d'hommage : «Plus de 50 ans après la fin de cette guerre, c'est désormais une mémoire apaisée qui doit être recherchée. Respect, solidarité, rassemblement, telle est la perspective dans laquelle doivent se placer les acteurs et témoins de cette période, et l'ensemble des Français avec eux.»
Alix Prat pour 24heuresinfo 

*Association des combattants prisonniers de guerre combattants d'Algérie, Tunisie, Maroc, Fédération nationale des anciens combattants en Algérie et Union nationale des combattants.

14 mars 2013

Le 19 Mars sera présidé par Kader Arif, quai Branly

Mis à jour le 14 mars 2012, 18:00
À l’occasion de la Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, Kader Arif, ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants, présidera la cérémonie devant le mémorial national de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, quai Branly à Paris, le mardi 19 mars à 16h.


Luis Vassy, nouveau dircab de Kader Arif
Le directeur de cabinet de Kader Arif, ministre délégué chargé des Anciens combattants, quitte ses fonctions. Maurice Braud, ancien secrétaire général du PS, ancien patron du secteur "international" du PS, est remplacé à compter du 15 mars par Luis Vassy*, jeune énarque qui était depuis le 1er juillet 2012, conseiller pour les relations internationales au cabinet du ministre délégué auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants.

Titulaire d'une maîtrise d'économie, ancien élève de l'Ecole normale supérieure (Cachan), Luis Vassy est également passé par l'Institut d'études politiques de Paris. Il a commencé sa carrière diplomatique au ministère des Affaires étrangères et européennes comme conseiller en charge des relations entre la France et l'Inde à la direction Asie et Océanie, puis chef du service de presse de l'ambassade de France à Washington (septembre 2008 - juin 2012).

* Journal Officiel du 14 mars 2013.

13 mars 2013

A quelques jours du 19 Mars


Mis à jour le 13 mars 2013 10:28
A quelques jours du 19 Mars, Journée nationale du souvenir pour honorer la mémoire des victimes civiles et militaires tombés au cours des conflits en Afrique du Nord, le Préfet des Alpes Maritimes a répondu au maire de Nice dans La Voix est libre : une cérémonie sera organisée au monument au mort de la ville de Nice avec les associations d'anciens combattants. Le maire de Vichy, Claude Malhuret, a refusé également de célébrer le 19 Mars. Mais au final, peu de voix discordantes se sont élevées. Alors que la Fnaca prépare dans toute la France des cérémonies, nous revenons sur le dernier Billet paru dans L'Ancien d'Algérie.

Bel éditorial de Michel Sabourdy, dans le dernier numéro de L'Ancien d'Algérie1. Rédacteur en chef depuis 1970 du journal de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie, du Maroc et de Tunisie (Fnaca), Michel Sabourdy sait galvaniser ses lecteurs. Il sait écrire. Géomètre de formation, la fougue de sa plume, précise, n'oblitère aucun détail. Il a fait son service militaire en Algérie et a servi en tant qu'instituteur dans le prestigieux 57e régiment d'infanterie, créé en 1627 par le Comte de Sainte Maure. C’est Bonaparte qui attribua à ce régiment, en 1797, durant la campagne d'Italie, la devise brodée en lettres d’or sur son drapeau : « Le Terrible que rien n'arrête ».

Créée en pleine guerre d'Algérie, le 21 septembre 1958, la FNACA, Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie, est l'association spécifique des anciens combattants en Afrique du Nord. Première organisation française d’Anciens Combattants, elle est forte aujourd'hui de 358.505 adhérents rassemblés en 3.560 comités locaux ou cantonaux.

L'Ancien d'Algérie est un mensuel dont le premier numéro a paru en décembre 1958 ; son tirage s'élève, aujourd'hui, à 400 000 exemplaires en moyenne, certifiés OJD. Et, rare privilège, le journal peut se prévaloir d'avoir à sa barre le même rédacteur en chef depuis 42 ans. Car Michel Sabourdy, qui est un redoutable escrimeur, est monté au créneau dans tous les combats de la Fnaca.

Aujourd'hui, alors que la date du 19 Mars a été définitivement votée au Sénat, il s'indigne des propos d'un général en retraite2 à l'égard d'un sénateur UMP bourguignon favorable au 19 Mars. Et souligne: «Force est de constater que le 19 Mars officiel ne sera pas unitaire. Dans certains départements, quelques "anti" se déchaînent... avec des contorsions qui seraient comiques s'il ne s'agissait pas de la Mémoire de 30.000 morts.»

Quelques «anti»... Car les opposants au 19 Mars, englués dans un glacis défensif collectif, n'ont pas de direction unie, solide comme un poing fermé, alors que la Fnaca s'appuie sur un état-major cohérent composé de leaders opérationnels.

Une délégation du secrétariat national de la FNACA, conduite par Guy Darmanin (au centre), président national, a été reçue le 23 août 2011, par Marc Laffineur, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la défense et des anciens combattants. Guy Darmanin, était accompagné de Michel Guérineau, président départemental de la FNACA du Maine et Loire, Jean Simon, secrétaire national et Michel Sabourdy, rédacteur en chef de «L'Ancien d'Algérie».
En 2012, le président national de la Fnaca, Guy Darmanin, a piloté avec l'ancien ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, les manifestations prévues pour le 50e anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie. Administrateur compétent, ce Toulousain, qui peut se prévaloir également de 40 ans d'engagement et d'action, est aussi membre titulaire du conseil d'administration de l'Office National des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre (Onac).

Guy Darmanin n'exclut pas que la date du 19 Mars puisse susciter des oppositions: «J'aimerais que l'on comprenne que j'ai beaucoup de compassion pour mes amis rapatriés qui ont dû quitter la terre où ils sont nés en abandonnant leur cimetière, leurs souvenirs (et j'en sais quelque chose !) J'éprouve aussi de la compassion pour mes amis harkis qui ont été livrés à leur tragique destin. Je comprends aussi l'état d'esprit dans lequel se trouvent les militaires de carrière qui considèrent qu'ils ont perdu la guerre politiquement alors qu'ils l'avaient gagnée militairement.
«Mais pour avoir un raisonnement objectif, je sais qu'après tout cessez-le-feu ou armistice il y a toujours eu excès, vengeances, exactions… Pour ne citer qu'un exemple, la guerre de 1939-1945 ne s'est pas arrêtée le 8 mai mais le 2 septembre avec la bombe d'Hiroshima».
Alix Prat pour 24heuresinfo

1. L'Ancien d'Algérie est l'organe de presse officiel de la Fnaca et, à ce titre, le porte-parole de la Fédération, seul journal spécifique des anciens combattants en Afrique du Nord. Son directeur de la publication est le président de la Fnaca, Guy Darmanin.

2. «Il y a des traîtres et des lâches dans tous les partis.»

Lire aussi sur le même sujet :

04 mars 2013

Le 19 Mars appartient à l’Histoire


Mis à jour 5 mars 2013
Dans le cadre du 51e anniversaire du Cessez-le-feu en Algérie le 19 Mars 1962, les cérémonies du 19 Mars prochains mobilisent les anciens d'Algérie partout en France. Retour sur une commémoration qui approche à grands pas.
Le 19 Mars 2012, quai Branly, à Paris. (Photo © FNACA)
La Paix des mémoires repose-t-elle sur la reconnaissance de l’Histoire ? C'est ce qu'affirme le secrétaire général de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie (FNACA), André Cognard, dans son dernier éditorial du magazine de l'association L'Ancien d'Algérie, la publication leader des anciens combattants forte de 370.000 abonnés et dont l'audience dépasse le million de lecteurs. "Il aura fallu attendre longtemps, trop longtemps, écrit André Cognard, cinquante années qui ont nécessité une action inlassable de notre Fédération auprès des gouvernements successifs, des parlementaires, des élus à l’échelon des régions, des départements et des communes pour que la date du Cessez-le-feu le 19 Mars 1962 soit reconnue officiellement par la République Française." Le 19 Mars, Journée Nationale du Souvenir et de Recueillement à la Mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc est désormais une cérémonie nationale de la France. Elle appartient déjà à l’Histoire.

La victoire du 19 Mars est aussi celle de la combativité de deux personnalités de la Fnaca, aujourd'hui disparues, Wladyslas Marek et Maurice Sicart. Le 13 février dernier, le Bureau national de l'association a rendu hommage à ces deux hauts responsables de la Fédération, respectivement au cimetière d’Avon (77) et au cimetière du Père Lachaise à Paris. Wladyslas Marek, qui fut président de la Fnaca pendant 36 ans, s’est éteint le 24 septembre 2012. Marc Laffineur, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, a salué en lui « un homme d’exception, animé par le sens du courage, de la droiture et de la fraternité ». Il avait servi en Algérie du 17 avril 1960 au 16 avril 1962 et rejoint le secrétariat national de la Fnaca en 1968. Constamment sur le front parlementaire, il assurait les relations avec les élus. Maurice Sicart, secrétaire général de la Fnaca pendant plus de 40 ans, a constamment défendu la pertinence de la date du 19 mars contre celle du 5 décembre, qualifiée certes par certains de "fantaisiste" mais, en tous cas, non historique.

Une mobilisation exceptionnelle des départements
La Fnaca, sur le pied de guerre, se mobilise partout en France pour les cérémonies qui approchent à grands pas : "Dans le cadre du 51e anniversaire du Cessez-le-feu en Algérie le 19 Mars 1962, nous devons tout mettre en œuvre pour assurer une forte participation de nos adhérents, de la population, en la présence des autorités civiles et militaires devant les Mémoriaux départementaux et les monuments aux Morts", a exhorté le secrétaire général de la Fnaca. "La Paix des mémoires repose sur la reconnaissance et l’enseignement de l’Histoire", a-t-il conclu. La Fnaca compte sur une mobilisation supérieure à celle du 19 Mars 2012. (Lire notre article Feu vert pour les cérémonies du 19 Mars)

Les anciens combattants d'Algérie peuvent désormais cesser la guerre fratricide qui les ont opposés sur le choix d'une date de commémoration et se réconcilier —ou se retrouver pour nombre d'entre eux, comme chaquée année—, devant les monuments aux Morts de leurs villages, érigés en hommage au sacrifice des soldats de France, en hommage à leurs camarades tombés au combat.
Alix Prat pour 24heuresinfo

* La Loi n° 2012-1361 du 6 décembre 2012 a été publiée au Journal Officiel le 7 décembre 2012. C’est lors de sa séance du 8 novembre 2012 que le Sénat a adopté la proposition de Loi votée par l’Assemblée nationale le 22 janvier 2002 relative à la reconnaissance du 19 Mars, à l’instar du 11 Novembre 1918 et du 8 Mai 1945.

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Voir aussi l'interview de Maurice Sicart, secrétaire général de la FNACA et celle de Hamlaoui Mekachera, secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants de Soir 3 sur le site de l'INA (2003).