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29 juillet 2014

Adieu l'ami !


La mort nous a volé un homme de vie. Le Dr Maurice Rollet. Ceux qui l'ont aimé, et nous l'avons tous aimé, ont perdu un homme de courage avec un cœur gros comme une maison. Chaleureux, cultivé, poète, musicien, il consacrait toutes ses forces à arracher ceux qui étaient en danger de basculer de l'autre côté du mur. Médecin de jour, médecin de nuit. Qui refusait de l'argent des pauvres et de ses amis.

Nous qui l'avons connu à Fresnes, avec ces frères d'armes bônois qui jusque chez le juge, déclinant tous la même identité  "Jo Gonzalves, né à Bône en 1940", avaient fait rire tout le Palais.

Incarcéré, seul médecin de 600 détenus de la 1re Division, il collectait les médicaments dans tout le pénitencier et pendant ses courtes heures de repos rêvait de Tahiti, de ses lagons sous les palmes. Libéré, installé à Marseille, il était coté. Quand l'un d'entre nous de passage lui rendait visite, il poussait des rugissements de joie. Il demandait des nouvelles de tous, nous emmenait dîner "Aux Guitares", la boîte de ses copains gitans, et chantait parfois jusqu'à l'aube de sa voix forte et sonore.

Maurice, mon frère de route, venu de notre terre gorgée de soleil, bordée de notre mer si bleue ourlée d'argent qui étirait ses plages de sable fin étincelantes le long de nos villes blanches. Des champs d'oliviers que la lumière et le vent empanachaient d'argent et nos vignes rousses.

De notre Algérie perdue qui nous collait au sang et au cœur d'un deuil que nous n'avons jamais cessé de porter. Ecoutez-moi vous qui passez devant le caveau où il repose. Saluez-le. C'était un homme de respect. Asta luego, Maurice !

P. Dt.

05 avril 2013

FNACA : suivez le guide !

Du nouveau sur le site de la FNACA.org : une présentatrice commente les pages que les internautes vont découvrir. Du virtuel à l'ère du XXIe siècle. Une animation flash réussie. Convivial.
Suivez le guide !

Le 19 Mars se popularise
Depuis l'officialisation de la date du 19 Mars, enterinée le 6 décembre 2012 (le lendemain de la date fantaisiste du 5 décembre, ça ne s'invente pas !), de nombreux espaces officiels du 19 mars commémorant le cessez-le-feu en Algérie sont créés sur le territoire français. A Prahecq, un espace du 19 Mars a été créé, inauguré par le maire de la ville, Claude Roulleau, lui-même ancien appelé en Algérie. Des créations d'espaces de mémoire dédiés au 19 mars, à suivre sur le blog de Michel Dandelot.

Il serait intéressant de répertorier toutes les rues du 19 Mars, les squares, les ponts... A quand une carte de France des espaces du 19 Mars ?
Alix Prat pour 24heuresinfo

28 mars 2013

19 Mars: 7.000 personnes à la première commémoration officielle, à Paris


Succès sans ombre dans toute la France, pour la Fnaca, qui a fait entrer la commémoration officielle du 19-Mars dans l'Histoire.
La cérémonie du 19 Mars présidée par Kader Arif,
au Mémorial du quai Branly © Jacques Robert DMPA
Participation massive pour la première commémoration officielle du 19-Mars. A Paris, comme en province. Les sections Fnaca, partout en France, ont organisé officiellement, à la demande de la préfecture, la cérémonie avec leur municipalité. Cette année, les cérémonies du 19 mars marquaient également les 51 ans du Cessez-le-feu officiel de la guerre d'Algérie.

600 porte-drapeau à Paris
Emotion d'abord, au cimetière du Père Lachaise devant la stèle aux Morts pour la France en Algérie, Maroc, Tunisie, en présence du maire de Paris, Bertrand Delanoë. Quai Branly, à 16 heures, au Mémorial de la guerre d'Algérie, l'hommage aux combattants de la guerre d'Algérie, du Maroc et de la Tunisie a lieu en présence de Kader Arif, ministre délégué auprès du ministre de la Défense chargé des Anciens combattants, du gouverneur militaire de Paris, le général Hervé Charpentier et d'Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris. 600 porte-drapeau, sous un dais blanc, représentent chacun une section locale. Une foule dense, compacte qui suit avec une émotion contenue cette première commémoration officielle.
A gauche : le ministre Kader Arif et le gouverneur militaire de Paris,
le général Hervé Charpentier. © Jacques Robert DMPA
L'hommage de Toulouse
Kader Arif avait déjà rendu hommage, le matin même, aux victimes civiles et militaires du conflit au monument aux morts des allées François-verdier de Toulouse, aux côtés de Guy Darmanin, président national de la Fédération nationale des anciens combattants d'Algérie (FNACA). Une cérémonie officielle qui a eu lieu en présence du préfet de la Haute-Garonne, Henri-Michel Comet,  du maire de Toulouse, Pierre Cohen, du président de la Région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, du président du conseil général de la Haute-Garonne, Pierre Izard et du délégué militaire départemental, le lieutenant-colonel Eric Périn...



Kader Arif : parcours brillant
pour ce haut-garonnais toujours
chaleureux © J. Robert DMPA
Trouver le chemin d'une mémoire apaisée
Kader Arif est né en Algérie. Un père harki, engagé aux côtés de l'armée française. Des études à Castres, puis à l'Ecole supérieure d'audiovisuel de l'Université Toulouse le Mirail. Une maîtrise de communication. Secrétaire national du parti socialiste chargé des relations internationales. Député européen. Nommé le 16 mai 2012, ministre chargé des anciens combattants dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault. Un parcours brillant pour ce haut-garonnais toujours souriant, chaleureux. Médiatique. Prompt à répondre aux invitations des anciens d'Algérie. Le ministre a toujours souhaité regarder le passé avec lucidité. Rejeté le terme de «repentance». Pas question de se braquer sur un mot. Ni sur une date. Les questions mémorielles existent, mais il s'agit aujourd'hui de trouver le chemin d'une mémoire apaisée.


7.000 personnes à l'Arc de Triomphe
Dans la soirée, sous la voûte profonde de l'Arc de triomphe, il préside le recueillement sur la tombe du Soldat Inconnu. 7.000 personnes qui ont remonté l'avenue des Champs-Elysées, la plus large avenue de la capitale, font une garde silencieuse autour des 600 porte-drapeau et des personnalités venues rendre hommage aux victimes de la guerre d'Algérie. Près de 30.000 compagnons d'armes disparus. Un «hommage solennel  à tous ceux dont le destin s’est effacé devant celui de la Nation», a souligné la FNACA.

Les cérémonies du 19 Mars à l'Arc de triomphe © Jacques Robert DMPA

Les jeunes aux cérémonies du 19 Mars
© Jacques Robert DMPA
La FNACA a su se renouveler
Remarquée, la forte et émouvante participation des enfants à cette cérémonie du soir. Pour les jeunes, de plus en plus associés aux cérémonies, le devoir de mémoire doit se préparer «sans polémiques». Tous ont dans leurs familles l'histoire d'«une vie brisée» par la guerre d'Algérie. Un parent brutalement arraché à l'affection de ses proches, jeté dans cette guerre qui a broyé tant de destins.

La FNACA a su très tôt associer les jeunes et les familles au devoir de Mémoire. C'est ce qui a favorisé son dynamisme et son renouvellement. Au contraire d'autres associations qui, n'ayant pas su organiser leur succession, ont aujourd'hui non seulement bien du mal à recruter mais plus encore à garder leurs adhérents.

Alix Prat pour 24heuresinfo Mise à jour le 28 mars 2013 à 18:54

Les photos du 19 Mars
Photos © Jacques Robert DMPA


23 mars 2013

Alger confirme : Abou Zeid a bien été tué


L'Algérie a confirmé l'identité du cadavre des Ifoghas, après analyse de prélèvements organiques. Alger les a comparé à des fragments d'ADN familiaux qui ont permis d'identifier formellement le terroriste.

Cette information avait été déjà officiellement annoncée par le président de la République du Tchad Idriss Deby. Même si côté français, les autorités se montraient un peu frileuses et retardaient le moment d'annoncer officiellement ce qu'elles ne pouvaient ignorer.

Lire :
• La France peut-elle ignorer la mort d'Abou Zeid ?

Les 20 et 21 mars 2013 dernier, le général d’armée Ract Madoux, chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT) s’est rendu au Mali. A Bamako, il a d’abord présidé la cérémonie de lever de corps du caporal-chef Van Dooren, mort au combat le 16 mars 2013. Le 21 mars, le CEMAT a rejoint Tessalit et les troupes françaises déployées dans la zone et, au plus près, par hélicoptère, les militaires au contact des groupes terroristes dans la vallée de Terz. Puis destination Gao, où les unités du groupement tactique interarmes 2 (GTIA 2) sont engagées dans l’opération Doro, menée quotidiennement par les forces françaises, maliennes et africaines. Son objectif : sécuriser le terrain, rechercher et détruire les groupes terroristes qui continuent dans cette zone d’alimenter un climat d’insécurité.
Opération Doro apr le GTIA 2 à l'est de Gao. © Armée de terre/EMA
Opération Doro à l'est de Gao, par le GTIA 2 en coordination avec les forces maliennes.
© Armée de terre/EMA.
La France est engagée dans l’opération Serval depuis le 11 janvier 2013. Ce sont près de 4.000 soldats français qui opèrent quotidiennement au Mali.

Mali, mission accomplie ?
L’intervention française au Mali s’achemine-t-elle vers sa fin ? Le Président de la république française François Hollande a assuré que la souveraineté du Mali sera rétablie sur « la quasi-totalité » du territoire dans... « quelques jours ». 

Le retrait des troupes françaises au Mali commencera «à partir de la fin» avril, a indiqué, de son côté, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Le Tchad, principal soutien militaire de la France au Mali, a appelé jeudi à ne pas crier victoire trop vite dans la guerre contre les islamistes qui avaient pris le contrôle du nord du pays. «L’opération conjointe armée tchadienne-armée française a fait un travail important dans les Ifoghas, a-t-il souligné. Elle est en train de faire du ratissage sur le terrain. Je crois que plus de 70% du travail est fait mais il ne faut pas aller trop vite en besogne parce que nous avons un adversaire particulier sur un théâtre particulier», a dit le ministre tchadien des Affaires étrangères et de l’intégration africaine de la République du Tchad, Moussa Faki Mahamat, à l'issu d'une séance de travail au Quai d'Orsay, avec Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères.

18 mars 2013

19 Mars, J - 1


Le 18 mars 1962, suite aux négociations d'Evian et à l'accord qui en résulte sur l'autodétermination du peuple algérien, le général De Gaulle, annonce, au journal télévisé de 20 heures, le cessez-le-feu en Algérie et l'organisation prochaine d'un référendum qui devra consacrer le choix fait sur l'avenir des relations entre la France et l'Algérie.

• Voir le discours du général de Gaulle sur le site de l'INA : déclaration du général de Gaulle du 18 mars 1962

Ce cessez-le-feu va bouleverser la vie en Algérie. Il prend officiellement effet le 19 mars 1962, à midi et met fin à huit ans de guerre.  Deux référendums vont appuyer cette décision : celui du 8 avril 1962 par lequel les Français de métropole approuvent massivement (plus de 90%) le choix de De Gaulle ; et celui du 1er juillet 1962, par lequel les Algériens se prononcent pour l'indépendance de leur pays. Le 4 juillet, le nouveau président de la République Ahmed Ben Bella s'installe a Alger et proclame officiellement l'indépendance le lendemain.

Mais le cessez-le-feu du 19 mars ne signifie pas pour autant le retour de la paix. Combats et massacres se prolongent jusqu'en juillet 1962. Les principales victimes des représailles orchestrées par le Front de libération nationale (FLN) sont les Pieds-noirs et les harkis.

Voir les archives de l'INA :
• Algérie : la fin d'une guerre. Témoignages et impressions du côté FLN à l'annonce du cessez-le-feu. 

« L'Amère patrie »
Un million de pieds-noirs va fuir vers la métropole, Pompidou se veut rassurant alors même que l'exode bat son plein. Un afflux qui dépasse les administrations, surprend les politiques, inquiète la population. Pressés de s’intégrer dans une nation qui peine à les reconnaître comme siens, les rapatriés hésitent entre honte et colère.

Un très beau film L'Amère patrie retrace le retour des Français d'Algérie. Réalisé par Marion Pillas et Frédéric Biamonti, il opère un retour sur l’histoire pour comprendre aussi bien les enjeux politiques de l’époque que le déchirement des familles et leur douloureux retour en France.
Grâce à des d’archives inédites (images INA, Pathé et Gaumont, films amateurs), aux témoignages d’anonymes, d’historiens de renom tels que Pierre Nora, Paul Quilès ou encore Jean-Jacques Jordi, mais aussi de nombreuses personnalités publiques (Alain Afflelou, Enrico Macias...), L’Amère patrie restitue à ce rapatriement sa pleine dimension historique, loin des discours extrémistes ou des clichés entretenus par les pieds-noirs « de service ».

24heuresinfo a vu ce film bouleversant qui retrace le destin singulier des pionniers venus s'installer en Algérie au XIXe siècle, obligés brutalement de quitter tout ce qu'ils avaient créé dans un pays qu'ils aimaient. Nous reviendrons prochainement en détail sur ce documentaire qui offre une lecture critique de l’histoire.


• L'Amère patrie. Une coédition Éditions Montparnasse / France Télévisions Distribution. Un film de Marion Pillas et Frédéric Biamonti. Durée 1h12. Couleur et N&B, 16/9, 1.77, VF , Stéréo – Zone 2 – PAL. 15 euros.
Site web : www.editionsmontparnasse.fr/

15 mars 2013

Le premier 19 mars officiel se prépare dans toute la France


Mis à jour le 15 mars 2013, 16:03
Désormais déclarée date officielle, la cérémonie du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, aura lieu le mardi 19 mars au Mémorial du Quai Branly, à Paris, en présence de Kader Arif, ministre délégué auprès du ministre de la Défense, en charge des anciens combattants. Dans son message, Kader Arif n'oublie pas les morts survenus après cette date : «Mais ce jour (...) ne signa pas la fin des drames et des horreurs. La France n'oublie pas les hommes, femmes, enfants, dont le destin fut bouleversé après cette date.»


Le Mémorial du Quai Branly. © D.R.

A Paris, de nombreuses cérémonies vont avoir lieu dans chaque arrondissement, aux monuments aux Morts. Elles se dérouleront aussi sur l'ensemble du territoire français, puisque pour la première fois, cette cérémonie du 19 Mars, 51e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, sera une journée nationale : elle a rejoint, en effet, dans l'ordre protocolaire, les cérémonies du 11 novembre 1918 et du 8 mai 1945, selon la loi du 6 décembre 2012.

Des commémorations organisées à l'échelle nationale
En Béarn, elle se tiendra au Mémorial où sont gravés en lettres d'or 148 noms de jeunes appelés, morts loin de leur terre natale, sur les terres baignées de soleil d'Afrique du Nord. La cérémonie se déroulera avec la participation du 5e régiment d’hélicoptères de combat, sous la présidence de Lionel Beffre, préfet des Pyrénées-Atlantiques et sous l’autorité du général Didier Brousse, commandant d’armes de la place de Pau, en présence des parlementaires, élus et représentants d’associations d’anciens combattants des Pyrénées-Atlantiques. Un vin d’honneur servi à l’issue de la cérémonie, à l'instar de ce qui est organisé par tous les comités Fnaca en liaison avec les municipalités.

Soulignons que le monument de Béarn-Soule, inauguré le 7 juillet 2001 par le secrétaire d'État aux anciens combattants, Jean-Pierre Masseret, est né de la volonté commune de l'ACPG-CATM*, la Fnaca et l'Union nationale des combattants (UNC). Le monde combattant, uni à l'époque pour préserver son passé et la mémoire des 148 Béarnais et Souletins morts au combat, avait, organisé une souscription ; de nombreuses communes, les Conseils général et régional avaient également financé le projet. Le monument rappelait que, dans les seules années 1956-1957, c'est deux à trois décès par mois qui marquèrent douloureusement le Béarn et Soule. Il n'est pas inutile de rappeler que nombre de comités locaux FNACA et UNC œuvrent ainsi en parfaite entente pour accomplir le devoir de mémoire.


Drapeaux en berne à Suresnes
A Suresnes, la municipalité n'offrira pas de vin d'honneur. La cérémonie  se déroulera aussi, mais... avec les drapeaux en berne. La ville proteste, en effet, contre le choix du 19 Mars. Le maire de Suresnes et vice-président du Conseil général des Hauts-de-Seine, Christian Dupuy, a pris publiquement position : une cinquantaine de drapeaux en berne seront ainsi positionnés devant les écoles, gymnase, mairie et bâtiments administratifs de la commune. 

Le maire de Suresnes veut par cette mesure contester symboliquement ce qu'il appelle «le revirement commémoratif», le choix du 19 Mars : «J'entends ainsi marquer symboliquement ma désapprobation d'un choix qui rouvre inutilement les blessures mémorielles, et rendre à une partie des victimes de ce conflit l'hommage que cette date leur refuse de fait ». Ajoutant : «Je crois que la mémoire doit être partagée et que les cicatrices de l'histoire ne devraient pas être aggravées par des inclinaisons partisanes.»

Dans ce cas, pourquoi ne pas célébrer aussi le 19 Mars ? Tous les administrés de Suresnes n'adhérent pas à la date de commémoration du 5 Décembre. N'est-il pas temps de cesser de rouvrir inutilement les blessures mémorielles ? Et de rendre hommage à la mémoire des soldats morts qui ont sacrifié leur 20 ans ?

C'est le sens du message du ministre délégué aux anciens combattants Kader Arif pour cette Journée d'hommage : «Plus de 50 ans après la fin de cette guerre, c'est désormais une mémoire apaisée qui doit être recherchée. Respect, solidarité, rassemblement, telle est la perspective dans laquelle doivent se placer les acteurs et témoins de cette période, et l'ensemble des Français avec eux.»
Alix Prat pour 24heuresinfo 

*Association des combattants prisonniers de guerre combattants d'Algérie, Tunisie, Maroc, Fédération nationale des anciens combattants en Algérie et Union nationale des combattants.

13 mars 2013

A quelques jours du 19 Mars


Mis à jour le 13 mars 2013 10:28
A quelques jours du 19 Mars, Journée nationale du souvenir pour honorer la mémoire des victimes civiles et militaires tombés au cours des conflits en Afrique du Nord, le Préfet des Alpes Maritimes a répondu au maire de Nice dans La Voix est libre : une cérémonie sera organisée au monument au mort de la ville de Nice avec les associations d'anciens combattants. Le maire de Vichy, Claude Malhuret, a refusé également de célébrer le 19 Mars. Mais au final, peu de voix discordantes se sont élevées. Alors que la Fnaca prépare dans toute la France des cérémonies, nous revenons sur le dernier Billet paru dans L'Ancien d'Algérie.

Bel éditorial de Michel Sabourdy, dans le dernier numéro de L'Ancien d'Algérie1. Rédacteur en chef depuis 1970 du journal de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie, du Maroc et de Tunisie (Fnaca), Michel Sabourdy sait galvaniser ses lecteurs. Il sait écrire. Géomètre de formation, la fougue de sa plume, précise, n'oblitère aucun détail. Il a fait son service militaire en Algérie et a servi en tant qu'instituteur dans le prestigieux 57e régiment d'infanterie, créé en 1627 par le Comte de Sainte Maure. C’est Bonaparte qui attribua à ce régiment, en 1797, durant la campagne d'Italie, la devise brodée en lettres d’or sur son drapeau : « Le Terrible que rien n'arrête ».

Créée en pleine guerre d'Algérie, le 21 septembre 1958, la FNACA, Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie, est l'association spécifique des anciens combattants en Afrique du Nord. Première organisation française d’Anciens Combattants, elle est forte aujourd'hui de 358.505 adhérents rassemblés en 3.560 comités locaux ou cantonaux.

L'Ancien d'Algérie est un mensuel dont le premier numéro a paru en décembre 1958 ; son tirage s'élève, aujourd'hui, à 400 000 exemplaires en moyenne, certifiés OJD. Et, rare privilège, le journal peut se prévaloir d'avoir à sa barre le même rédacteur en chef depuis 42 ans. Car Michel Sabourdy, qui est un redoutable escrimeur, est monté au créneau dans tous les combats de la Fnaca.

Aujourd'hui, alors que la date du 19 Mars a été définitivement votée au Sénat, il s'indigne des propos d'un général en retraite2 à l'égard d'un sénateur UMP bourguignon favorable au 19 Mars. Et souligne: «Force est de constater que le 19 Mars officiel ne sera pas unitaire. Dans certains départements, quelques "anti" se déchaînent... avec des contorsions qui seraient comiques s'il ne s'agissait pas de la Mémoire de 30.000 morts.»

Quelques «anti»... Car les opposants au 19 Mars, englués dans un glacis défensif collectif, n'ont pas de direction unie, solide comme un poing fermé, alors que la Fnaca s'appuie sur un état-major cohérent composé de leaders opérationnels.

Une délégation du secrétariat national de la FNACA, conduite par Guy Darmanin (au centre), président national, a été reçue le 23 août 2011, par Marc Laffineur, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la défense et des anciens combattants. Guy Darmanin, était accompagné de Michel Guérineau, président départemental de la FNACA du Maine et Loire, Jean Simon, secrétaire national et Michel Sabourdy, rédacteur en chef de «L'Ancien d'Algérie».
En 2012, le président national de la Fnaca, Guy Darmanin, a piloté avec l'ancien ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, les manifestations prévues pour le 50e anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie. Administrateur compétent, ce Toulousain, qui peut se prévaloir également de 40 ans d'engagement et d'action, est aussi membre titulaire du conseil d'administration de l'Office National des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre (Onac).

Guy Darmanin n'exclut pas que la date du 19 Mars puisse susciter des oppositions: «J'aimerais que l'on comprenne que j'ai beaucoup de compassion pour mes amis rapatriés qui ont dû quitter la terre où ils sont nés en abandonnant leur cimetière, leurs souvenirs (et j'en sais quelque chose !) J'éprouve aussi de la compassion pour mes amis harkis qui ont été livrés à leur tragique destin. Je comprends aussi l'état d'esprit dans lequel se trouvent les militaires de carrière qui considèrent qu'ils ont perdu la guerre politiquement alors qu'ils l'avaient gagnée militairement.
«Mais pour avoir un raisonnement objectif, je sais qu'après tout cessez-le-feu ou armistice il y a toujours eu excès, vengeances, exactions… Pour ne citer qu'un exemple, la guerre de 1939-1945 ne s'est pas arrêtée le 8 mai mais le 2 septembre avec la bombe d'Hiroshima».
Alix Prat pour 24heuresinfo

1. L'Ancien d'Algérie est l'organe de presse officiel de la Fnaca et, à ce titre, le porte-parole de la Fédération, seul journal spécifique des anciens combattants en Afrique du Nord. Son directeur de la publication est le président de la Fnaca, Guy Darmanin.

2. «Il y a des traîtres et des lâches dans tous les partis.»

Lire aussi sur le même sujet :

04 mars 2013

Le 19 Mars appartient à l’Histoire


Mis à jour 5 mars 2013
Dans le cadre du 51e anniversaire du Cessez-le-feu en Algérie le 19 Mars 1962, les cérémonies du 19 Mars prochains mobilisent les anciens d'Algérie partout en France. Retour sur une commémoration qui approche à grands pas.
Le 19 Mars 2012, quai Branly, à Paris. (Photo © FNACA)
La Paix des mémoires repose-t-elle sur la reconnaissance de l’Histoire ? C'est ce qu'affirme le secrétaire général de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie (FNACA), André Cognard, dans son dernier éditorial du magazine de l'association L'Ancien d'Algérie, la publication leader des anciens combattants forte de 370.000 abonnés et dont l'audience dépasse le million de lecteurs. "Il aura fallu attendre longtemps, trop longtemps, écrit André Cognard, cinquante années qui ont nécessité une action inlassable de notre Fédération auprès des gouvernements successifs, des parlementaires, des élus à l’échelon des régions, des départements et des communes pour que la date du Cessez-le-feu le 19 Mars 1962 soit reconnue officiellement par la République Française." Le 19 Mars, Journée Nationale du Souvenir et de Recueillement à la Mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc est désormais une cérémonie nationale de la France. Elle appartient déjà à l’Histoire.

La victoire du 19 Mars est aussi celle de la combativité de deux personnalités de la Fnaca, aujourd'hui disparues, Wladyslas Marek et Maurice Sicart. Le 13 février dernier, le Bureau national de l'association a rendu hommage à ces deux hauts responsables de la Fédération, respectivement au cimetière d’Avon (77) et au cimetière du Père Lachaise à Paris. Wladyslas Marek, qui fut président de la Fnaca pendant 36 ans, s’est éteint le 24 septembre 2012. Marc Laffineur, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, a salué en lui « un homme d’exception, animé par le sens du courage, de la droiture et de la fraternité ». Il avait servi en Algérie du 17 avril 1960 au 16 avril 1962 et rejoint le secrétariat national de la Fnaca en 1968. Constamment sur le front parlementaire, il assurait les relations avec les élus. Maurice Sicart, secrétaire général de la Fnaca pendant plus de 40 ans, a constamment défendu la pertinence de la date du 19 mars contre celle du 5 décembre, qualifiée certes par certains de "fantaisiste" mais, en tous cas, non historique.

Une mobilisation exceptionnelle des départements
La Fnaca, sur le pied de guerre, se mobilise partout en France pour les cérémonies qui approchent à grands pas : "Dans le cadre du 51e anniversaire du Cessez-le-feu en Algérie le 19 Mars 1962, nous devons tout mettre en œuvre pour assurer une forte participation de nos adhérents, de la population, en la présence des autorités civiles et militaires devant les Mémoriaux départementaux et les monuments aux Morts", a exhorté le secrétaire général de la Fnaca. "La Paix des mémoires repose sur la reconnaissance et l’enseignement de l’Histoire", a-t-il conclu. La Fnaca compte sur une mobilisation supérieure à celle du 19 Mars 2012. (Lire notre article Feu vert pour les cérémonies du 19 Mars)

Les anciens combattants d'Algérie peuvent désormais cesser la guerre fratricide qui les ont opposés sur le choix d'une date de commémoration et se réconcilier —ou se retrouver pour nombre d'entre eux, comme chaquée année—, devant les monuments aux Morts de leurs villages, érigés en hommage au sacrifice des soldats de France, en hommage à leurs camarades tombés au combat.
Alix Prat pour 24heuresinfo

* La Loi n° 2012-1361 du 6 décembre 2012 a été publiée au Journal Officiel le 7 décembre 2012. C’est lors de sa séance du 8 novembre 2012 que le Sénat a adopté la proposition de Loi votée par l’Assemblée nationale le 22 janvier 2002 relative à la reconnaissance du 19 Mars, à l’instar du 11 Novembre 1918 et du 8 Mai 1945.

 Lire les autres articles de 24heuresinfo 

Voir aussi l'interview de Maurice Sicart, secrétaire général de la FNACA et celle de Hamlaoui Mekachera, secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants de Soir 3 sur le site de l'INA (2003).



01 mars 2013

Abou Zeid, l'un des chefs d'Aqmi tué dans le Nord-Mali


Mis à jour, 1er mars 2013, 9:42
Abou Zeid, l’un des principaux chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) aurait été tué. Sous le titre "Mort de l'émir d'Aqmi Abou Zeid", le site algérien d'information Ennahar TV a précisé que "les troupes françaises ont découvert (les corps) de 40 terroristes dont celui d'Abou Zeid" près de Tigharghar" au Nord-Mali. Trois autres djihadistes auraient été faits prisonniers.

De son vrai nom Mohamed Ghdiri, cet Algérien d'une quarantaine d'années était apparu pour la première fois sur la scène médiatique en 2003 comme adjoint d'Abderazak El-Para, principal instigateur de l'enlèvement de 32 touristes européens dans le grand Sud algérien (février-mars 2003).


Abou Zeid est également responsable de l'enlèvement, en 2010, de 7 salariés d'Areva et de Satom à Arlit, dans le Nord du Niger, dont quatre Français sont toujours retenus en otages dans le nord du Mali. Il est aussi accusé de l'assassinat d'un otage britannique Edwin Dyer, en 2009 et de la mort de l'otage français Michel Germaneau. En 2012, après la chute de Tombouctou, il avait installé son QG dans le palais du guide libye, Mouammar Kaddhafi jusqu'à ce que les avions français le pulvérisent.

Jeudi soir, un journaliste du quotidien français Le Monde, envoyé spécial à Kidal, a confirmé la mort d'Abou Zeid, citant « une source fiable proche des opérations militaires en cours dans le nord du Mali ». Selon le journal, « des frappes aériennes ont eu lieu dans la zone d'Etagho, à quelques dizaines de kilomètres d'Aguelhoc (au nord de Kidal) », dans la région de l’Adrar de Tigharghar. Une information qui, pour le moment, n'a cependant pas encore été confirmé par le ministère français de la Défense ni par le gouvernement algérien.